L’équipe LinxeaPublié le 19 MARS 2026

Value for Money : tout comprendre sur ce nouveau standard de l'épargne

La réglementation « Value for Money » oblige assureurs et distributeurs à garantir que chaque unité de compte proposée en assurance-vie offre un rapport coût/performance réellement justifié. Pour les épargnants, cela se traduit par plus de transparence, moins de frais cachés mais parfois, le retrait de certains fonds de leur contrat.

Quelle est la signification de la notion de « Value for Money » (VFM) ?

Définition et traduction du concept en français

Le terme « Value for Money » – que l'on peut traduire par rapport qualité/prix ou rapport coût/bénéfice – désigne, dans le monde de l'épargne, la capacité d'un produit financier à délivrer une valeur réelle à l'épargnant au regard des frais qu'il supporte.

Appliqué à des contrats comme l'assurance-vie ou le PER, ce concept vise à répondre à une question simple : le client en a-t-il vraiment pour son argent ? Autrement dit, les performances d'une unité de compte (UC) justifient-elles réellement les frais qu'elle engendre : frais de gestion, frais d'entrée, commissions versées aux intermédiaires, etc. ?

Ce n'est pas qu'une notion théorique. Depuis 2023, le Value for Money (ou VFM) est devenu un critère réglementaire opposable, que les compagnies d'assurance, les distributeurs et les concepteurs de produits doivent désormais intégrer à leur processus de conception et de distribution. Ce critère s'est renforcé au niveau européen avec la méthodologie d'EIOPA sur les benchmarks VFM finalisée en octobre 2024, favorisant une évaluation plus harmonisée.

Les 3 piliers du Value for Money

Le VFM repose sur trois dimensions complémentaires :

  • les coûts : l'ensemble des frais supportés par l'épargnant doivent être identifiés, justifiés et proportionnés aux services rendus et au risque pris. Cela inclut les frais sur versement, les frais de gestion annuels de l'assureur, et les frais internes aux fonds (OPC, ETF...) ;
  • la performance : la performance délivrée, nette de frais, doit être en cohérence avec le niveau de risque accepté par le souscripteur et son horizon d'investissement ;
  • l'adéquation : le produit doit correspondre précisément au marché cible pour lequel il a été conçu, c'est-à-dire au profil de l'épargnant (âge, tolérance au risque, objectifs, situation personnelle/patrimoniale).

Contexte de la réglementation : pourquoi l'Europe tape du poing sur la table

Le rôle de l'EIOPA et de l'ACPR

Le mouvement a été lancé au niveau européen par l'EIOPA (European Insurance and Occupational Pensions Authority), l'Autorité européenne des assurances, qui a publié dès 2021 des lignes directrices sur la surveillance des produits, avant d'aller plus loin avec des règles spécifiques sur le rapport coût/performance des produits d'épargne.

En France, c'est l'ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) qui en assure la mise en œuvre, en collaboration avec France Assureurs (la fédération des assureurs). Ensemble, ils travaillent à l'élaboration de référentiels nationaux permettant d'évaluer objectivement le rapport coût/performance des contrats d'assurance-vie et notamment de chacun des supports d'investissement en UC.

Les concepteurs de produits sont désormais tenus de réaliser un examen annuel de cette évaluation, intégrant l'ensemble des coûts supportés par les assurés. Par ailleurs, les intermédiaires – courtiers, conseillers en gestion de patrimoine, agents généraux – doivent se doter d'une grille d'analyse et de critères objectifs pour évaluer la valeur des produits qu'ils distribuent.

C'est une dimension directement liée au devoir de conseil qui s'impose à tout distributeur de produits d'épargne : celui-ci doit être en mesure de démontrer, à tout moment, que sa recommandation est adaptée à son client.

La chasse aux produits « zombies » et aux frais excessifs

L'un des volets les plus concrets de cette réglementation concerne ce que les professionnels appellent les produits « zombies » : des contrats anciens ou des unités de compte dont la structure de frais ne correspond plus aux standards actuels du marché.

Ces produits se caractérisent souvent par :

  • des frais sur versement élevés, aujourd'hui injustifiables au regard de l'offre concurrentielle ;
  • des frais de gestion en UC importants, sans performance proportionnelle ;
  • des rétrocessions versées aux distributeurs, qui peuvent créer des conflits d'intérêts dans les recommandations formulées aux clients.

Le saviez-vous ?

Les rétrocessions sont des commissions versées par les sociétés de gestion aux distributeurs (banques, assureurs, CGP) en échange de la commercialisation de leurs fonds. Elles sont intégrées dans les frais de gestion du fonds et réduisent mécaniquement la performance nette perçue par l'épargnant.

La réglementation impose désormais que les objectifs de vente ne conduisent pas à recommander une allocation ou une opération alors qu'une autre correspondrait mieux aux besoins du client. Les distributeurs doivent être en mesure de justifier chaque recommandation.

Comment le « Value for Money » d'un produit est-il évalué et surveillé ?

La méthode du benchmarking (comparaison de marché)

Pour évaluer une UC, assureurs et régulateurs s'appuient sur une méthode de benchmarking : chaque fonds est comparé à des produits équivalents en termes de profil de risque, de catégorie d'actifs et de marché cible.

Les indicateurs clés utilisés dans cette analyse sont notamment :

  • le ratio coûts/rendement sur plusieurs horizons (3, 5 et 10 ans) ;
  • la performance nette de frais par rapport à la catégorie de référence (indice de marché, médiane de la catégorie Morningstar, etc.) ;
  • le TER (Total Expense Ratio), ou taux de frais global annuel ;
  • le RIY (Reduction in Yield), c'est-à-dire la réduction du rendement annuel imputable aux frais.

Si un fonds se révèle systématiquement en dessous des standards de son marché cible sur ces indicateurs, il est susceptible d'être signalé comme n'offrant pas un Value for Money satisfaisant.

Le cas spécifique des Unités de Compte (UC)

Les unités de compte sont particulièrement scrutées car elles combinent plusieurs couches de frais : ceux de l'assureur sur le contrat, et ceux du fonds sous-jacent lui-même. L'analyse Value for Money doit donc prendre en compte l'ensemble de la chaîne de frais.

La réglementation précise que les concepteurs de produits en UC doivent être en mesure de présenter un processus de tarification transparent, dans lequel les coûts sont « identifiés, justifiés et quantifiés » en cohérence avec les dépenses réellement engagées pour la gestion du produit.

Concrètement, qu'est-ce que ça change pour les épargnants ?

Le déréférencement des fonds jugés « médiocres »

C'est l'une des conséquences les plus directement visibles pour les épargnants : certains fonds peuvent être retirés de l'offre de leur contrat. Ce déréférencement intervient lorsqu'un assureur – à la suite de son évaluation annuelle – constate qu'un fonds ne répond plus aux critères de Value for Money.

Concrètement, cela peut signifier :

  • que le fonds sera fermé aux nouvelles souscriptions mais maintenu pour les positions existantes ;
  • ou qu'il sera totalement retiré de la gamme, avec une clôture automatique des positions ou un arbitrage proposé vers un autre support.

Si vous constatez qu'un fonds dans lequel vous étiez investi disparaît de votre contrat, le Value for Money peut en être l'une des raisons. Ce retrait n'est pas une sanction pour l'épargnant : c'est au contraire une mesure de protection visant à l'orienter vers des produits plus adaptés et plus compétitifs.

Vers une baisse généralisée des frais ?

La tendance de fond est clairement à la compression des frais, portée à la fois par la réglementation VFM et par la montée en puissance des ETF (trackers) comme alternative aux fonds actifs. 

Il serait toutefois excessif d'affirmer que le VFM entraînera mécaniquement une baisse généralisée des frais à court terme. Son effet principal est davantage d'éliminer les situations les plus problématiques : les frais structurellement trop élevés au regard de la valeur délivrée, et les produits inadaptés à leur marché cible.

Plus de transparence sur les frais totaux

La réglementation impose une meilleure lisibilité des frais à travers deux documents clés :

  • le DIC (Document d'Information Clé, ou KID en anglais) : document standardisé au niveau européen, obligatoire pour tout produit d'investissement, qui présente les scénarios de performance et les coûts totaux de manière comparable ;
  • les tableaux de frais désormais obligatoires dans les documents contractuels, détaillant chaque couche de coûts.

Ces documents permettent à tout épargnant de comparer objectivement plusieurs contrats ou plusieurs UC et de mesurer l'impact réel des frais sur son rendement potentiel.

Linxea et le Value for Money : un ADN commun

Des frais parmi les plus bas du marché

Depuis notre création, nous avons fait du niveau de frais un critère central de sélection des contrats. Notre modèle 100 % en ligne, sans agence, nous permet de maintenir une structure de coûts optimisée au bénéfice de l’épargnant.

Concrètement, nos contrats proposent :

  • 0 % de frais d'entrée*
  • 0 % de frais de versement et d'arbitrage*
  • 0 % de frais sur vos rachats
  • Des frais de gestion selon les contrats parmi les plus bas du marché (0,5 % à 0,6 % sur les unités de compte par exemple)

*En dehors de certains supports dont les frais spécifiques sont mentionnés sur les avenants.

Ces frais réduits ont une incidence directe et cumulative sur la performance nette de votre épargne sur le long terme, ce qui est précisément l’enjeu central de Value for Money.

Un large choix de supports

Au-delà des frais, le VFM implique aussi de proposer des supports adaptés à la diversité des profils d'épargnants. Linxea référence un large choix d'unités de compte : OPCVM, ETF, SCPI, produits structurés, avec la possibilité, dans certains contrats, de combiner gestion libre et gestion pilotée au sein d'un même contrat.

Du conseil au service de l'épargnant

Le devoir de conseil est l'autre pilier du Value for Money. Nos équipes, basées en France sont disponibles pour répondre à vos questions et vous accompagner dans vos choix d'allocation, en tenant compte de votre situation personnelle, de vos objectifs et de votre horizon d'investissement.

FAQ : vos questions sur le rapport qualité/prix de l'assurance-vie

La réponse dépend de l’assureur de votre contrat :

  • Contrat chez Suravenir (Linxea Avenir 2) : vos versements programmés ciblant un fonds fermé sont maintenus jusqu’à la fin de l’année en cours, puis suspendus au cours du 1er trimestre de l’année suivante.
  • Contrat chez Spirica (Linxea Spirit 2) : les montants alloués aux supports fermés sont automatiquement redirigés vers le fonds en euros.
  • Contrat chez Generali (Linxea Vie) : vos versements programmés restent actifs sur le fonds fermé jusqu’à ce que vous modifiez vous-même un paramètre de votre versement (montant, périodicité, répartition…).

Laisser un commentaire