
PER 2026 : fiscalité et nouveaux plafonds, ce qui change
Des évolutions s’appliquent au Plan d'Épargne Retraite (PER) en 2026. Tour d'horizon de ce qui change concrètement pour les épargnants.
Plafonds PER 2026 : combien pouvez-vous déduire de vos impôts ?
L'un des atouts majeurs du PER est la déduction fiscale des versements volontaires. En versant sur votre plan épargne retraite, vous réduisez directement votre revenu imposable, dans la limite d'un plafond annuel. Ce plafond évolue chaque année en fonction du PASS.
Le nouveau Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) 2026
Depuis le 1er janvier 2026, le PASS est fixé à 48 060 €, en hausse de 2 % par rapport à 2025 (47 100 €). Cette revalorisation, alignée sur l'évolution du salaire moyen, entraîne mécaniquement une hausse des plafonds de déduction du PER pour tous les épargnants, qu'ils soient salariés ou travailleurs non salariés.
Le plafond de déduction pour les salariés
Pour les salariés et fonctionnaires, le plafond de déduction en 2026 est égal au plus élevé des deux montants suivants :
- 10 % des revenus professionnels de l'année 2025 (nets de cotisations sociales déductibles), pris au maximum sur 8 fois le PASS 2025 ;
- ou 10 % du PASS 2026, soit un plancher de 4 806 € pour les revenus modestes.
Le plafond maximum de déduction est de 38 448 € en 2026.
💡 Exemple : un salarié percevant 75 000 € de revenus annuels nets peut déduire jusqu'à 7 500 € de versements sur son PER, réalisés en 2026 (sur la base de ses revenus 2025).
Le plafond spécifique pour les TNS (Travailleurs Non Salariés)
Les travailleurs non salariés (indépendants, professions libérales, gérants...) bénéficient d'un régime de retraite obligatoire souvent moins favorable que celui des salariés. En contrepartie, la loi leur accorde un plafond de déduction PER plus élevé.
En 2026, ce plafond intègre deux composantes cumulatives :
- 10 % du bénéfice imposable de l'année 2025, dans la limite de 8 PASS (soit 10 % × 384 480 € max)
- +15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS (soit entre 48 060 € et 384 480 €)
Au total, le plafond TNS peut atteindre 88 911 € en 2026, ce qui fait du PER un levier de défiscalisation particulièrement puissant pour les indépendants fortement imposés.
| Profil | Plafond 2025 | Plafond 2026 |
|---|---|---|
| Salarié / fonctionnaire (haut revenu) | 37 680 € | 38 448 € |
| Salarié (plancher revenus modestes) | 4 710 € | 4 806 € |
| TNS (maximum) | ~87 170 € | ~88 911 € |
Plafonds indicatifs, calculés sur la base du PASS en vigueur. Vérifiez votre avis d'imposition pour connaître votre plafond personnalisé.
Le rattrapage des plafonds de déduction non utilisés et la mutualisation
Nouveauté 2026 : le délai de report des plafonds non utilisés passe de 3 à 5 ans. Concrètement, si vous n'avez pas utilisé l'intégralité de votre plafond de déduction les années précédentes, vous pouvez désormais rattraper ces montants sur une période plus longue. Notez que cette mesure ne s'applique pas rétroactivement aux plafonds antérieurs à 2026.*
Cette évolution est particulièrement avantageuse pour les profils suivants :
- les épargnants aux revenus variables (indépendants, commerciaux, entrepreneurs) ;
- ceux qui souhaitent concentrer de gros versements lors d'une année de revenus exceptionnels ;
- les nouveaux souscripteurs qui n'avaient pas encore de PER (ou peu versé).
*Selon les informations disponibles à ce jour, le bénéfice plein du report à 5 ans s'appliquerait effectivement à compter de 2031. Le BOFIP n'a pas encore précisé la date d'entrée en vigueur de cette mesure.
Bon à savoir : le principe de la mutualisation entre conjoints permet aux couples mariés ou partenaires de Pacs de combiner leurs plafonds respectifs pour maximiser leur capacité de déduction globale. Cette règle n'est pas modifiée par la Loi de finances 2026 mais reste un levier d'optimisation sous-utilisé.
Fiscalité du PER en 2026 : fonctionnement et optimisation
La mécanique fiscale du PER repose sur un principe simple : l'avantage intervient à l'entrée (déduction des versements) et la taxation se décale à la sortie. Mais l'ampleur réelle du bénéfice fiscal dépend de votre situation.
L'avantage fiscal à l'entrée : l’effet de la Tranche Marginale d'Imposition
Plus votre Tranche Marginale d'Imposition (TMI) est élevée, plus l'avantage du PER est significatif. La formule est simple : économie d'impôt = versement déductible × TMI.
| Versement réalisé | TMI 11 % | TMI 30 % | TMI 41 % |
|---|---|---|---|
| 1 000 € | 110 € | 300 € | 410 € |
| 5 000 € | 550 € | 1 500 € | 2 050 € |
| 20 000 € | 2 200 € | 6 000 € | 8 200 € |
Économies d'impôt sur le revenu estimées selon la TMI. Simulation à titre indicatif, hors cas particuliers.
⚠️ Attention : les contribuables faiblement imposés (TMI 11 % ou moins) doivent arbitrer avec soin. L'avantage à l'entrée peut être inférieur à la charge fiscale à la sortie si les revenus de retraite restent imposables. Dans ce cas, les versements non déduits constituent parfois une meilleure option.
La fiscalité à la sortie : capital ou rente ?
La taxation à la sortie dépend de deux paramètres : la nature des versements (déduits ou non) et le mode de sortie choisi (capital ou rente).
Versements déduits – sortie en capital : les sommes versées sont soumises au barème de l'impôt sur le revenu, tandis que les plus-values supportent le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU).
Versements déduits – sortie en rente : la rente est imposée comme une pension de retraite, soit au barème progressif après un abattement de 10 %.
Versements non déduits – sortie en capital : le capital investi est exonéré d'impôt à la sortie ; seules les plus-values sont taxées au PFU.
Hausse de la CSG : les conséquences pour l'épargnant
Depuis le 1er janvier, la CSG sur les revenus du capital a été relevée de 9,2 % à 10,6 %.
Résultat : les prélèvements sociaux globaux passent de 17,2 % à 18,6 %, ce qui porte la flat tax (PFU) à 31,4 %, contre 30 % auparavant.
Contrairement à ce que certains avaient espéré, aucun PER n'échappe à cette hausse. L’augmentation s'applique systématiquement sur les gains et plus-values générés, au moment de la sortie.
Concrètement, sur une sortie en capital avec 100 000 € de plus-values, la charge fiscale supplémentaire liée à cette seule hausse des prélèvements sociaux représente 1 400 € de plus par rapport à 2025. Sur des encours plus importants, l'impact peut donc être significatif.
💡 À noter : tant que les fonds restent investis dans le PER, les plus-values ne subissent ni IR ni prélèvements sociaux. La taxation n'intervient qu'à la sortie — ce différé d'imposition reste l'un des principaux atouts de l'enveloppe, malgré la hausse de 2026.
La fin de la déductibilité après 70 ans
Introduite en 2026, la fin de la déductibilité après 70 ans envoie un signal clair du législateur : le PER est pensé comme un outil de préparation progressive et anticipée, pas comme un levier d'optimisation fiscale de dernière minute.
Cette règle n'est d'ailleurs pas sans rappeler la logique de l'assurance-vie, où les versements effectués après 70 ans sont également soumis à un régime fiscal moins favorable en matière de succession.
⚠️ Ce qui change concrètement après 70 ans
- Les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable – l'avantage fiscal à l'entrée disparaît ;
- Il reste possible d'alimenter son PER après 70 ans, mais sans bénéfice fiscal immédiat ;
- En contrepartie, ces versements non déduits sont exonérés d'IR à la sortie en capital, seules les plus-values sont taxées au PFU (31,4 %) ;
- Conseil : concentrer ses versements les plus significatifs avant cet âge clé pour profiter pleinement de la déduction fiscale.
Pourquoi investir dans un Plan d'Épargne Retraite en 2026 ?
Au-delà des ajustements techniques de 2026, le PER reste l'enveloppe de référence pour préparer sa retraite sur le long terme.
Préparer sa retraite face à l'incertitude du régime général
Le système de retraite par répartition fait face à des défis démographiques et financiers structurels. Dans ce contexte, constituer une épargne complémentaire individuelle est une nécessité pour de nombreux actifs, notamment les plus jeunes générations.
Le plan épargne retraite offre une réponse directe : en l’alimentant tout au long de sa vie professionnelle, l'épargnant se constitue un capital ou une rente complémentaire qui vient sécuriser ses revenus futurs, indépendamment des évolutions du régime général.
Une enveloppe de plus en plus flexible
Le PER a considérablement évolué depuis sa création en 2019, en intégrant des règles de plus en plus souples qui en font aujourd'hui l'une des enveloppes d'épargne les plus polyvalentes :
- Sortie en capital possible à 100 % à la retraite (avec exonération partielle selon les versements) ;
- Déblocage anticipé possible dans plusieurs cas (achat de la résidence principale, accidents de la vie...) ;
- Gestion pilotée disponible chez la plupart des assureurs (dont les contrats Linxea), avec une allocation adaptée à l'horizon de retraite ;
- Transférabilité des anciens contrats (PERP, Madelin) vers un PER plus moderne ;
- Report des plafonds non utilisés, porté donc à 5 ans depuis 2026, pour une planification plus souple.
A retenir : quelles nouveautés pour le PER en 2026 ?
- PASS 2026 : 48 060 € (+2 %), plafond salarié max 38 448 €, TNS max ~88 911 € ;
- Fin de la déductibilité des versements PER après 70 ans ;
- Report des plafonds non utilisés étendu de 3 à 5 ans ;
- Hausse des prélèvements sociaux : 17,2 % → 18,6 % ; flat tax portée à 31,4 %.
Pour comparer les meilleures solutions disponibles sur le marché, consultez notre comparatif PER et trouvez le contrat adapté à votre situation personnelle.
Le PER ne présente aucune garantie ou protection du capital. Des frais de gestion annuels peuvent s’appliquer ainsi que certains frais de transaction en fonction des supports et des PER.
L’investissement sur un PER est bloqué jusqu’à la retraite, sauf en cas de déblocages anticipés et la fiscalité s’applique en fonction du mode de sortie et de la fiscalité appliquée lors des versements.
FAQ : vos questions sur le PER
Oui, absolument. PER et assurance vie sont complémentaires et non exclusifs. L'assurance-vie offre une liquidité totale à tout moment et une fiscalité avantageuse après 8 ans, tandis que le PER délivre un avantage fiscal immédiat à l'entrée en contrepartie d'un blocage des fonds jusqu'à la retraite (hors cas de déblocage anticipé). Les deux enveloppes sont souvent utilisées conjointement pour optimiser à la fois la constitution du patrimoine et la préparation de la retraite.
Pour en savoir plus sur les différences et complémentarités de ces deux solutions, consultez notre guide PER vs assurance-vie.
Les versements réalisés entre le 1er janvier et le 31 décembre 2026 sont déductibles sur vos revenus 2026, et donc de votre déclaration d'impôts de 2027. Les assureurs prennent toutefois une marge de quelques jours pour valider les opérations avant le 31 décembre. Il est donc recommandé d’anticiper plutôt que d'agir en urgence en fin d'année, afin de lisser l'effort d'épargne et de tirer pleinement parti de la capitalisation.
Rappel important : les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles depuis le 1er janvier 2026. Il est donc primordial de concentrer ses versements les plus significatifs avant cet âge.
Dans la majorité des cas, oui. Les anciens contrats de type PERP ou Madelin peuvent être transférés vers un PER moderne, à condition que le contrat cible soit éligible. Ce transfert permet de regrouper ses avoirs sur une enveloppe plus flexible, offrant notamment la sortie en capital (que les PERP ne permettaient qu'à hauteur de 20 % à la retraite).
Les frais de transfert sont encadrés par la loi : nuls si le contrat a plus de 10 ans. Il est toutefois recommandé de vérifier les éventuelles contre-indications liées à votre contrat actuel (garanties spécifiques, taux techniques...) avant de procéder.
