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Qui profitera de l’épargne Covid : les épargnants, les assureurs, les banquiers ou l’État ?

Épargne-covid

La dernière livraison du département analyse et prévision de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) s’intéresse à la sur-épargne entraînée par la crise sanitaire. Selon cette analyse la relance dépendra en partie de ce que les épargnants feront de cette épargne : la consommeront-ils ou la renforceront-ils encore ?

Le département analyse et prévision de l’OFCE a publié le 14 avril dernier ses prévisions sous le titre « Perspectives économiques 2021-2022 ». Cet organisme indépendant de recherche sous l’égide de « Sciences Po » constate que « Le soutien public au revenu disponible des ménages en 2020 a conduit à une forte accumulation d’épargne ». S’y ajoutent aussi la fermeture des restaurants, lieux de spectacles, loisirs ainsi que les nombreuses restrictions de déplacement et les confinements successifs qui ont contraint les Français à moins consommer.

Une épargne qui influencera le PIB

La France était déjà avant la crise sanitaire un pays au taux d’épargne élevé, la baisse de la consommation a entraîné une forte hausse de l’épargne des ménages. Aujourd’hui, il devient évident que la manière dont sera utilisée cette « épargne-Covid » influencera la reprise :

«  Bien que cruciale pour la croissance mondiale en 2022, il est difficile d’anticiper précisément le comportement des ménages au regard de cette « sur-épargne ».

En 2022, la conjoncture mondiale dépendra fortement de l’utilisation de cette « épargne-Covid.

  • Dans un scénario où 20 % de ce surplus d’épargne est consommé, la croissance française serait de 6 % en 2022, le taux de chômage à 8,7 % et la dette à 115 % du PIB.
  • Dans le cas où cette « épargne-Covid » n’est pas du tout consommée, le taux de croissance serait de 4,3 %, le taux de chômage de 9,4 % et la dette publique passera à 117 % du PIB en 2022.

Qu’en sera-t-il ?

Le caractère exceptionnel de la situation nous conduit à analyser deux scénarios pour 2022 :

Le premier scénario suppose que les ménages, en 2022, vont désépargner 20 % de leur « épargne-Covid »

Dans ce premier scénario, avec désépargne, nous faisons l’hypothèse qu’une partie de la surépargne « Covid » accumulée en 2020 et 2021 sera consommée en 2022. L’hypothèse, calibrée sur la France, est celle d’une consommation de 20% de cette épargne, soit 1,8 point de revenu disponible brut sur l’année 2022, soit 28 milliards d’euros, ramenant le patrimoine net lié à la crise Covid-19 à un peu plus de 130 milliards fin 2022. Le taux d’épargne serait en moyenne de 13,1 %  en 2022 (contre 14,9 % en 2019), ce qui conduirait à une croissance du PIB de 6 % en France en 2022.

Le second scénario sans désépargne

Le second scénario sans désépargne ne tient pas compte d’effet de richesse « Covid » sur la consommation en 2022 et suppose un comportement ricardien des ménages (capables de s’adapter à la situation), l’épargne accumulée pendant la crise étant thésaurisée pour faire face à une hausse potentielle d’impôts futurs afin d’éponger la dette Covid.

Le taux d’épargne reviendrait fin 2022 à son niveau pré-Covid. Avec un taux d’épargne moyen à 15,3 %, les ménages accumuleraient 0,4 point de revenu d’épargne supplémentaire en 2022, soit 6 milliards, portant le « patrimoine-Covid » à près de 170 milliards fin 2022.

Sous cette hypothèse, la croissance serait réduite en moyenne de 1,8 point par rapport au scénario avec désépargne et les taux de chômage resteraient supérieurs à leur niveau d’avant-crise. Dans le scénario sans désépargne, la croissance des pays européens pourrait être plus rapide que la croissance américaine. … / ….  Enfin, la croissance mondiale serait réduite d’au moins 0,5 point dans le scénario sans désépargne passant de 4,5 % à 4 %.

Taux de croissance et taux de chômage en 2022 selon l’hypothèse d’épargne en %

wdt_ID Pays Scénario Taux de croissance du PIB Taux de chômage Taux d’épargne
1 France désépargne 6 8,7 13,1
2 France Sans désépargne 4,3 9,4 15,3
3 Allemagne désépargne 5,5 3,8 9,4
4 Allemagne Sans désépargne 4,1 4,4 11,6
5 Espagne désépargne 7,9 15,1 6,6
6 Espagne Sans désépargne 6,1 15,9 8,8
7 Italie désépargne 5,5 9,9 6,8
8 Italie Sans désépargne 3,9 10,6 8,6

(Source : OFCE e-mod.fr).
Légende : L’utilisation (dépense) d’une partie de l’épargne (20%) permet d‘améliorer la dynamique économique grâce à une injection de cette épargne dans la consommation entraînant ainsi une reprise des activités économiques.

Les projections de l’OFCE estiment que la croissance française serait plus élevée si une partie de l’épargne accumulée au cours des 2 dernières années est dépensée l’an prochain.

C’est sans compter sur les suppléments d’imposition qui pourraient être votés pour éponger la dette Covid, autrement dit, toutes les aides aux entreprises, aux familles et aux salariés qu’il faudra un jour ou l’autre rembourser.

Oublie-t-on l’impôt sécheresse de 1976 qui s’était traduit à la fois par une majoration de l’impôt sur le revenu et de l’impôt sur les sociétés ?

A la différence près que pour les entreprises ayant souffert de la Covid, on voit mal comment un supplément d’Impôt sur les sociétés (IS) pourrait leur être demandé, alors que la sécheresse de 1976 ne touchait que l’agriculture.

N’oublions pas non plus, dans le passé, l’emprunt Pinay lancé en 1952 et qui a sévi jusqu’en 1973 et qui avait l’avantage de permettre de payer les droits de succession, puis l’emprunt Giscard lancé en 1973.

La crise sanitaire et les confinements ont permis une forte accumulation d’épargne, la consommation va-t-elle rebondir après le déconfinement  et dans quels délais ?  Ou alors les ménages vont-ils thésauriser de peur que l’État les mette à contribution pour la redémarrage de notre économie ?

Mais, au fait, qui a épargné le plus ?

Pour l’enquête Pat€r (PATrimoine et préférences vis-à-vis du TEmps et du Risque) de la Caisse des Dépôts et Consignations réalisée au printemps 2020 par Kantar et publiée en avril 2021, ce sont surtout les 30 à 49 ans qui économisent le plus. Par ailleurs, l’enquête remarque qu’ « Il est probable que les personnes ayant des enfants à charge dégagent structurellement une plus grande épargne de précaution, afin d’être certaines d’être en mesure de faire face à leurs besoins. »

L’enquête précise aussi que « Selon une étude d’octobre 2020 du Centre d’analyse économique, presque 70 % du supplément d’épargne est imputable aux 20 % des ménages qui consommaient le plus avant l’épidémie (au moins 3 252 € de dépenses par mois), lesquels disposent probablement aussi des revenus les plus élevés.»

L’avis de LINXEA

On comprend que les épargnants émettent des doutes sur l’avenir de leur consommation et qu’ils continuent à épargner dans des produits qui leur laissent une bonne souplesse pour récupérer l’épargne dont ils auraient besoin, que ce soit pour consommer ou pour combler la dette nationale qui n’a fait qu’augmenter ces derniers mois.

L’assurance-vie est une solution bien appropriée.

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