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La Banque de France prévoit un léger ralentissement de la croissance, mais un gain de pouvoir d’achat

12/06/2019

La Banque de France a publié « Les projections macroéconomiques France – Juin 2019 » pour notre pays. En France, le produit intérieur brut (PIB) s’établirait à 1,3 % en 2019, puis il progresserait autour de 1,4 % par an en 2020 et 2021. 


En moyenne annuelle, le PIB français décélérerait un peu en 2019 par rapport à 2018, pour progresser, cette année, au rythme de 1,3 %. Ce rythme, légèrement revu à la baisse depuis les deux précédentes prévisions de la Banque de France en décembre 2018 et en mars 2019, se traduirait en particulier par une moindre contribution des exportations à la croissance, sous l’effet à la fois d’une demande extérieure plus faible et d’un retour à la normale des importations après une année 2018 peu dynamique. A mesure que les moteurs internes et externes se renforceraient, la croissance française retrouverait ensuite un rythme de 1,4 % en moyenne annuelle en 2020 et 2021.


La demande interne gagnerait en vigueur, grâce notamment à une consommation des ménages devenant plus robuste dès lors que ceux-ci consommeraient leurs gains de pouvoir d’achat acquis depuis fin 2018 et réduiraient ainsi leur taux d’épargne après son pic de 2019.


Le taux d’épargne des ménages s’inscrirait ainsi globalement en nette hausse sur l’année 2019, avant de revenir à des niveaux plus proches des moyennes historiques en 2020 et 2021 à mesure que le surcroît de pouvoir d’achat serait consommé. Le taux d’épargne pourrait ainsi converger vers un niveau intermédiaire entre son point haut de 2009-2010 et son point bas de 2015-2016.


Dans un contexte international dégradé, les exportations françaises suivraient globalement la demande adressée à la France : avec une croissance de 2,5 %, elles marqueraient nettement le pas en 2019 avant de gagner en vigueur en 2020 et 2021 (respectivement 2,8 % et 3,3 %) ...


Le pouvoir d’achat par habitant accélérerait notablement en 2019 avec une hausse de 2,1 % enregistrant ainsi sa plus forte croissance depuis 2007. En 2020 et 2021, les gains de pouvoir d’achat par habitant resteraient soutenus, s’établissant à 1,2 % puis 1,0 %, un rythme proche de celui du PIB par habitant.


Par ailleurs, la hausse du revenu des ménages serait toujours favorisée par la bonne tenue des salaires sur l’horizon de prévision, soutenus en particulier par les gains de productivité, et renforcés début 2019 par la prime exceptionnelle défiscalisée versée par les entreprises.


En contrepartie de l’accélération de la productivité et des salaires, la contribution de la hausse de l’emploi à la progression du pouvoir d’achat se modérerait sur l’horizon de prévision, mais elle resterait positive. En 2019-2021, les créations nettes d’emploi se maintiendraient à un rythme compris entre 130 000 et 150 000 emplois créés par an, favorisées notamment par des allégements supplémentaires de charges sur les bas salaires prévus en 2019. Cette hausse de l’emploi total induirait une baisse graduelle du taux de chômage, qui atteindrait 8,1 % en moyenne annuelle en 2021.


L’inflation a progressivement diminué ces derniers mois pour s’établir, en glissement annuel, aux environs de 1,4 % entre janvier et avril 2019. Elle baisserait encore un peu sur la suite de l’année, pouvant même certains mois s’afficher autour de 1 % en glissement annuel. En 2020 et 2021, l’inflation évoluerait autour de 1,3 %-1,4 %, la progression des prix de l’énergie resterait assez faible sur le reste de l’horizon de prévision.


FRANCE

2018

2019

2020

2021

Croissance du PIB

1,7%

1,3%

1,4%

1,4%

Consommation privée

0,9%

1,1%

1,7%

1,5%

Consommation publique

0,8%

1,0%

1,1%

1,2%

Taux de chômage

9,1%

8,6%

8,3%

8,1%

Inflation

2,1%

1,3%

1,3%

1,4%

Projections macroéconomiques pour la FRANCE établies par la Banque de France, juin 2019


Cette projection économique est sujette à des aléas importants qui peuvent jouer dans les deux sens. Elle repose sur les hypothèses techniques et d’environnement international arrêtées le 15 mai. Parmi les mesures annoncées par le Gouvernement suite au grand débat national, la projection inclut celles dont les détails sont bien spécifiés, en particulier l’indexation des plus faibles retraites sur l’inflation en 2020.

En revanche, la baisse annoncée de l’impôt sur le revenu, dont les modalités exactes ne sont pas encore arrêtées, n’est pas incluse dans la projection à ce stade.
(Source : Banque de France JUIN 2019 publié le 11 juin 2019 SYNTHÈSE DES PROJECTIONS France).

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