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Les projections macroéconomiques pour la France 2018 à 2021

Drapeau français

Dans un contexte de fortes incertitudes*, en 2018, la croissance annuelle française, bien qu’au dessus de son rythme de croissance potentielle, serait en net repli par rapport à 2017, mais le pouvoir d’achat continuerait son redressement.

Selon les Projections Macroéconomiques France de la Banque de France publiées le 14 décembre 2018, le PIB français progresserait autour de 1,5 % par an sur la période 2018?2021. La demande intérieure resterait robuste, avec une consommation des ménages soutenue par le pouvoir d’achat en 2019. La contribution du commerce extérieur à la croissance serait globalement neutre.

La croissance française resterait supérieure à son rythme potentiel

Faible en début d’année 2018, la croissance s’est raffermie au troisième trimestre 2018 mais les indications conjoncturelles récentes laissent de nouveau attendre un fléchissement temporaire sur le dernier trimestre de l’année, du fait notamment des perturbations de l’activité induites par le mouvement des « gilets jaunes ».

En moyenne annuelle, le PIB progresserait ainsi de 1,5 % en 2018, après 2,3 % en 2017. Au-delà de ces à-coups trimestriels, les perspectives restent toutefois favorables et l’activité s’installerait sur un rythme autour de 0,4 % par trimestre à partir du début 2019, soit environ 1,5% l’an.

La croissance française resterait supérieure à l’estimation de la croissance potentielle. Rappelons que la croissance potentielle ou « écart de production » (ou en anglais « output gap ») serait, pour la France, autour de 1,25 % l’an entre 2017 et 2020. Si l’on retient ce scénario de croissance potentielle de 1,25 % l’an (estimé par la direction générale du Trésor, publié dans Trésor Eco n°206 septembre 2017) les estimations actuelles montrent effectivement un gain de croissance.

Légère réduction du chômage

L’emploi total progresserait de 118 000 postes en moyenne annuelle en 2019, après 236 000 en 2018. Il regagnerait ensuite en vigueur. Sur la base des projections démographiques de l’Insee, cette évolution de l’emploi total permettrait une poursuite de la baisse du taux de chômage qui atteindrait 8,1 % fin 2021 sur la France entière (y compris DOM), et descendrait légèrement sous les 8 % en France métropolitaine.

A plus de 2 % en 2018, l’inflation repasserait sous la barre des 2 %

L’inflation totale, compte tenu du pic de l’été (+2,6 % sur un an glissant en juillet et août 2018), atteindrait 2,1 % en moyenne annuelle en 2018 sous l’effet notamment des prix de l’énergie, puis l’inflation totale se replierait jusqu’à mi-2019. Elle fluctuerait ensuite autour de 1,6 %-1,7 % en 2019-2021. L’inflation hors énergie et alimentation se redresserait progressivement pour atteindre 1,6 % en 2021, en lien avec la baisse du chômage.

Le pouvoir d’achat continuerait son redressement

Il apparaît que le pouvoir d’achat par habitant a stagné en France de 2007 à 2015 : sur cette période, les faibles gains de pouvoir d’achat du revenu disponible brut (RDB) ont à peine suffi à compenser la croissance de la population. Après un point bas en 2013, les gains de pouvoir d’achat du revenu disponible brut (RDB) par habitant se sont redressés à partir de 2014. Le pouvoir d’achat par habitant a ainsi progressé de 1,4 % en 2016 et 1,0 % en 2017, soit une hausse cumulée de 3,7 % sur les années 2014 à 2017. La hausse devrait se poursuivre sur l’horizon 2019-2021.

En 2018 et 2019, les revenus d’activité resteraient le principal moteur des gains de pouvoir d’achat avec une composition un peu différente : le rythme des créations d’emplois se réduirait mais les salaires nominaux gagneraient progressivement en vigueur, en lien avec l’augmentation de la productivité.

En particulier, en 2019, le salaire moyen par tête du secteur privé augmenterait de 2,3 % en nominal, après 1,6 % en 2017 et 1,9 % en 2018. En outre, l’effet net des prestations sociales reçues et des impôts directs et cotisations salariés versés soutiendrait la progression du revenu nominal en particulier en 2019, où les baisses de cotisations sociales salariales survenues en octobre 2018 jouent en année pleine. Les mesures annoncées depuis le 28 novembre amplifieraient encore ce soutien.

La consommation des ménages demeurerait robuste

Après trois trimestres de croissance atone, la consommation des ménages a rebondi comme attendu au troisième trimestre 2018.

En début d’année, les hausses importantes des prix de l’énergie et du tabac s’étaient en effet conjuguées à la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG), affaiblissant temporairement le revenu disponible des ménages. À l’inverse, la baisse de la taxe d’habitation et des cotisations sociales salariales ainsi que le repli des prix de l’énergie soutiendraient fortement le pouvoir d’achat des ménages en cette fin d’année. Ce dernier progresserait au final significativement sur l’année, de l’ordre de 1,4 % en moyenne annuelle. Le pouvoir d’achat augmenterait ensuite encore plus nettement en 2019 (1,7 %), avant de ralentir progressivement en 2020 et 2021. La progression des gains de pouvoir d’achat des ménages soutiendrait l’accélération de la consommation des ménages à 1,4 % en 2019, et elle se maintiendrait à ce rythme ensuite.

Ce mouvement s’accompagnerait également d’une légère remontée du taux d’épargne qui atteindrait 14,8 % en moyenne en 2021, après 14,6 % en 2018.

FRANCE

2018

2019

2020

2021

Croissance du PIB

1,5%

1,5%

1,4%

1,4%

Consommation privée

1,0%

1,4%

1,3%

1,3%

Consommation publique

1,0%

1,1%

1,4%

1,4%

Taux de chômage

9,1%

8,9%

8,5%

8,2%

Inflation

2,1%

1,6%

1,7%

1,7%

Projections macroéconomiques pour la FRANCE établies par la Banque de France, décembre 2018

*Cette projection inclut les comptes nationaux trimestriels jusqu’au troisième trimestre 2018, publiés par l’Insee le 30 octobre. Elle intègre une hausse du PIB de 0,2 % au quatrième trimestre, qui a été confirmée par l’indicateur synthétique mensuel d’activité publié le 10 décembre. En revanche, elle ne tient pas compte des mesures annoncées par le Président de la République et le Gouvernement postérieurement au 28 novembre, qui sont notamment susceptibles d’affecter les évolutions des prix à la consommation et du pouvoir d’achat ainsi que le déficit public (PROJECTIONS MACROÉCONOMIQUES France. Décembre 2018. Banque de France publiées le 14 décembre 2018).

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