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La croissance est ralentie par des contestations sociales et politiques

Drapeau français sur un tas de billets de 50 euros

L’activité économique a été freinée au dernier trimestre 2018. Les évènements « gilets jaunes » se sont traduits par des manques à gagner des commerces et du tourisme. En attendant la note finale, on peut déjà prévoir que la croissance au dernier trimestre 2018 sera moindre que celle enregistrée au cours des trimestres précédents. Voici quelques repères.

Hausse des investissements des grands groupes français au premier semestre 2018

La bonne santé affichée en 2017 par les grands groupes industriels et commerciaux français se confirme au premier semestre 2018, avec un chiffre d’affaires en hausse de 2,8 %. Ce résultat est d’autant plus satisfaisant qu’il est obtenu grâce à une croissance organique robuste (+ 6,5 points de contribution) et des effets de périmètre significatifs (+ 2,5 points) en partie neutralisés par les effets de change (– 4,5 points).

Cette croissance de l’activité s’avère en outre particulièrement rentable puisque le résultat opérationnel, en hausse de 5,6 %, progresse plus fortement que le chiffre d’affaires.

Les grands groupes français ont consommé 28 milliards d’euros de trésorerie sur les six premiers mois de 2018, en partie pour financer le plus important flux d’investissement depuis 2014 (67 milliards).

Leur capitalisation boursière augmente de 11,5 % sur un an, illustrant la confiance des marchés dans leur stratégie de développement et leur solidité financière. (Banque de France, Bulletin n°220 de novembre-décembre 2018, article intitulé « Hausse sensible des investissements des grands groupes français au premier semestre 2018 »)

Croissance soutenue du crédit bancaire aux TPE

À fin septembre 2018, l’encours de crédits aux TPE atteint 276,0 milliards d’euros, en hausse de 7,7 % sur un an. Plus particulièrement, les encours des crédits à l’équipement et des crédits immobiliers continuent de progresser à un rythme soutenu (respectivement 6,2 % et 8,8 %). D’un encours très inférieur, les crédits de trésorerie augmentent de 8,4 % sur un an.
La production totale trimestrielle de nouveaux crédits s’élève à 14,5 milliards d’euros, après 15,0 milliards au deuxième trimestre 2018.

Le taux d’intérêt moyen des crédits de montant unitaire inférieur à 250 000 euros reste en deçà de 2,0 % (1,85 %), un niveau toujours nettement inférieur à ceux pratiqués dans les autres grands pays de la zone euro. (Stat Info sur le « Financement des TPE – France »  3ème trimestre 2018 publié le 30 novembre 2018).

On creuse le déficit français ce qui pourrait ne pas plaire à Bruxelles …

Jean-Jacques Ohana, Responsable de la gestion d’actifs YCAP AM relate : « Le cout des mesures annoncées pour tenter d’apaiser la colère des Gilets Jaunes (hausse du SMIC de 100 euros, exonération des charges sur les heures supplémentaires, prime de fin d’année exonérée et exonération de la CSG sur les retraites inférieures à 2000 euros) est évalué à 11 milliards d’euros, en incluant l’annulation de la taxe carbone.

Corrélativement, la croissance française devrait baisser de 0,1 % à 0,2 % cette année et subir l’impact du ralentissement mondial l’année prochaine … »

Pour lui, ces mesures vont nécessairement creuser le déficit français :
« La réaction de la Commission Européenne ne s’est pas fait attendre selon les mots de son Vice-Président Valdis Dombrovskis : « Nous surveillons de près les possibles nouvelles mesures annoncées, mais nous ne pouvons faire aucun commentaire avant qu’elles aient été formellement annoncées et détaillées». Il est à prévoir que la Commission Européenne ne pourra pas se montrer intransigeante avec l’Italie et laxiste avec la France. Soit l’Italie ne fait pas l’objet de procédures de sanctions… comme la France, soit la deuxième et la troisième économie de la zone euro seront sanctionnées. A défaut, le pacte budgétaire risquerait d’être décrédibilisé. Or, l’Europe est un édifice technocratique qui tire sa légitimité des règles communes. Si les pays membres enfreignent les règles, c’est tout l’édifice qui est menacé.» (Perspectives YCAP AM , 14 décembre 2018).

Projections macroéconomiques pour la France

2018

2019

2020

2021

Croissance du PIB

1,5%

1,5%

1,4%

1,4%

Inflation

2,1%

1,6%

1,7%

1,7%

Source : Banque de France, décembre 2018

Les Risques du système financier français évalués par la BF

La Banque de France (BF) a publié lundi 17 décembre 2018 son rapport sur l’Évaluation des Risques du Système financier français au deuxième semestre 2018 :

« Dans un environnement marqué par la montée des tensions protectionnistes et la persistance d’incertitudes politiques au plan mondial et en Europe, la Banque de France identifie quatre principaux risques :

  • Le risque de marché

Les incertitudes dans les économies et sur les marchés mondiaux persistent. Le risque de réévaluation des prix des actifs financiers demeure malgré les épisodes récents de corrections et est assorti d’une perspective de hausse au cours des six prochains mois. Des phénomènes de rotation de portefeuille sont d’ores et déjà observés…/…


  • Le risque lié à l’endettement du secteur privé

Le risque lié à l’endettement du secteur privé non financier est jugé élevé et est également assorti d’une perspective de hausse dans les six mois. Les taux d’endettement des sociétés non financières (SNF) et des ménages français continuent de croître, à l’inverse de l’évolution observée dans les autres pays européens. Le taux d’endettement cumulé des SNF et des ménages atteint 132,2 % du PIB au 2ème trimestre 2018…./…


  • Le risque de taux d’intérêt lié à la fragmentation

Le risque de taux d’intérêt lié à la fragmentation du marché des dettes souveraines en euros vient en 3ème position, se situant à un niveau élevé et étant assorti d’une perspective stable à l’horizon des six prochains mois. La situation politique dans certains pays de la zone euro, en Italie notamment, se traduit par un écartement des spreads de taux souverains et alimente un risque de fragmentation du marché des dettes souveraines en euros. Cette évolution fait craindre une résurgence de la boucle « risque souverain-risque bancaire » et des taux d’intérêt plus élevés pour le secteur privé.

  • Le risque lié aux changements structurels du secteur financier

Au 4ème rang figure le risque lié aux changements structurels du secteur financier qui est jugé modéré et est assorti d’une perspective stable. En effet, les défis structurels auxquels le secteur financier est confronté persistent (digitalisation, maîtrise des coûts, recherche de rentabilité, environnement de taux d’intérêt bas).»

Les ventes diminuent

Sur les trois derniers mois, les ventes du commerce de détail diminuent (-0,8 % données en volumes). Ce recul concerne les produits alimentaires (-0,5 %) et les produits industriels (-0,9 %). Les plus fortes baisses portent sur les ventes d’automobile (-5,3 %) et de chaussures (-3,5 %). Pour quelques produits, comme l’électronique grand public, le chiffre d’affaires est au contraire en hausse.

Les ventes dans les grands magasins et à distance (respectivement +0,9 % et +0,4 %) sont légèrement plus dynamiques que celles dans les autres circuits de distribution.

En novembre, les ventes augmentent légèrement (+0,5 %), tant celles des produits industriels (+0,8 %) que celles de produits alimentaires (+0,3 %). Les ventes sont quasiment stables ou orientées à la baisse dans les super et hypermarchés. (Cahier Activité du commerce de détail de l’EMC pour le mois sous revue novembre 2018. Activité du commerce de détail à fin novembre 2018)

La conjoncture fait du « sur place » à fin novembre

En novembre, le mouvement « Gilets jaunes » a affecté la production industrielle de la plupart des secteurs.

L’agro-alimentaire du fait des difficultés rencontrées par une partie des commerces, et l’automobile ont été particulièrement impactés. Au total, l’activité industrielle n’a plus progressé. Les stocks gonflent légèrement en moyenne. Les effectifs n’augmentent plus.

L’activité des services décélère sous l’effet du mouvement. Les transports, la restauration et la réparation automobile régressent. Les services aux entreprises restent dynamiques. Le bâtiment ralentit, dans le gros œuvre comme dans le second œuvre. Les carnets de commande restent assez bien garnis.

En décembre, la croissance resterait faible selon les professionnels interrogés. (Banque de France. Conjoncture à fin novembre 2018 publiée le 10 décembre 2018).

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