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Le Covid pose les jalons du télétravail

Télétravail

Le télétravail a reçu une forte impulsion à cause du Covid 19. Le dernier Bulletin de la Banque de France (n° 231/2 de septembre/octobre 2020) étudie cette forme de travail et son développement. Le télétravail y est défini comme « l’utilisation de la technologie afin d’organiser et de mener à bien une mission professionnelle hors des locaux de l’employeur, alors qu’elle aurait pu être réalisée dans ces locaux ».

Plus répandu chez les diplômés du supérieur

L’étude de la Banque de France constate qu’« Aux États-Unis, d’après le Bureau of Labor Statistics, chaque jour, en moyenne, près de 25 % des salariés ont travaillé chez eux en 2019, un chiffre qui dépasse 40 % pour les salariés titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur…/…En examinant différents modèles de contrats de travail flexibles, Mas et Pallais (2020) constatent que jusqu’à 30 % des salariés relèvent d’un tel contrat aux États-Unis, et pourtant, seuls 10% des salariés déclarent travailler à domicile de façon régulière ».

Il n’y a rien de surprenant que les métiers « intellectuels » soient plus familiers du télétravail que les métiers « manuels ». Un ingénieur d‘études peut faire ses plans et ses analyses via le télétravail ; en revanche, un maçon ne peut pas construire un mur en télétravail.

La question de la productivité  …

Relativement peu d’études prennent en compte l’impact du télétravail sur la productivité. L’explication donnée n’est pas très convaincante puisqu’on nous indique qu’aucune mesure réelle n’a été faite dans la mesure où « le télétravail correspond à des situations où l’employeur et les salariés trouvent un gain mutuel potentiel ».

Les salariés prêts à accepter un salaire moindre pour télétravailler

L’étude de la Banque de France explique que « Mas et Pallais (2017) ont mené une expérience en coopération avec une entreprise et montré qu’un nombre important de salariés accordent de la valeur au télétravail au moment de l’embauche et sont prêts, en moyenne, à renoncer à 8% de leur salaire pour pouvoir travailler à domicile ».

Un impact sur l’immobilier

« Le télétravail peut être vu comme un moyen d’externaliser (au moins en partie) auprès des salariés la tâche de trouver et d’organiser leur espace de travail »

On pourrait alors penser que le recours massif au télétravail aurait pour effet de réduire la charge financière de l’entreprise dans l’immobilier :

« Pour l’entreprise médiane, le ratio « dépenses de loyers/salaires » est passé de 13,5 % en 2001 à 15,3 % en 2017, une tendance alimentée en particulier par la hausse des coûts immobiliers…/…. Dans les bilans des entreprises, en 2017, les actifs immobiliers représentent 66,7 % de la valeur des actifs non financiers et 22,2% de la valeur totale des actifs des sociétés non financières (SNF) françaises. Cette part a fortement augmenté au début des années 2000 en raison de la hausse des prix des terrains. Cette dynamique se reflète également dans les flux enregistrés sur le marché de l’immobilier d’entreprise. En France, l’investissement total des entreprises dans l’immobilier a atteint un niveau record de 39,2 milliards d’euros en 2019, avec un taux de croissance moyen de 66% sur les cinq dernières années. La majorité de ces investissements a concerné les bureaux situés en zone urbaine (Knight Frank, 2020) ».

« Bergeaud et Ray (2020) montrent que les entreprises qui possèdent des biens immobiliers sont généralement plus contraintes dans leur dynamique par les coûts associés à l’ajustement de leurs locaux et nous constatons qu’elles peuvent représenter plus de la moitié de la population d’entreprises à établissement unique dans certaines zones, généralement celles qui sont moins denses.

Dans d’autres zones, où une majorité des entreprises louent leurs locaux, le coût de location peut excéder 15 % de la valeur ajoutée, notamment dans les zones urbaines dynamiques (en particulier Paris et Toulouse, et la Riviera française) ».

« Ainsi, si le télétravail permettait d’assouplir certaines contraintes liées à l’immobilier, les effets en matière de dynamisme des affaires pourraient se révéler importants. De plus, d’autres effets macroéconomiques liés à la modification de la structure des bilans des entreprises sont également potentiellement de grande ampleur et peuvent être analysés en se concentrant sur les spécificités des actifs immobiliers…./… Ces faits stylisés relatifs à la part importante et croissante de l’immobilier détenu par les entreprises suggèrent que le développement du télétravail pourrait fortement modifier la structure des coûts et le bilan des SNF, et se révéler significatif au niveau macroéconomique ».

Mais un développement du télétravail a aussi un effet pervers : « En réduisant la part d’actifs immobiliers dans les bilans des entreprises, le télétravail peut altérer la capacité d’emprunt de celles-ci et diminuer la proportion d’endettement financier sous forme de prêts bancaires. Cela pourrait réduire la part d’actifs physiques corporels et exacerber les contraintes de financement ».

Un réaménagement géographique

Le télétravail pourrait-il (à long terme) avoir une influence sur la géographie et redessiner les zones urbaines et rurales ?

L’étude de la Banque de France reconnaît : « De plus, les actifs immobiliers sont soumis à d’importantes fluctuations des prix du marché qui se propagent à l’activité économique agrégée. Davis et Heathcote (2007) montrent que les prix réels des terrains sont 2,8 fois plus volatils que le PIB en volume. En s’appuyant sur cette littérature, les contributions macroéconomiques récentes ont apporté un éclairage sur le rôle des chocs affectant spécifiquement les prix des terrains pour expliquer la corrélation et la volatilité relative des prix des terrains, de l’investissement et du chômage…/… Le fait que les entreprises possèdent moins d’immobilier serait susceptible de peser fortement sur ces canaux de transmission ».

« L’impact structurel à long terme du travail à domicile sur la productivité est une question ouverte qui pourrait devenir un sujet de recherche important au cours des prochaines années. »

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