Présentés comme des investissements très attractifs, les Ehpad sont sur la sellette depuis les révélations sur Orpea. S’il reste malgré tout pertinent d’investir dans ce type de biens, les investisseurs doivent s’attendre à une baisse des rendements servis en lien avec les nécessaires améliorations à apporter aux conditions de service. Il est également possible d’investir sur des solutions qui favorisent le maintien à domicile des personnes âgées.
Plusieurs semaines après la sortie du livre « Les Fossoyeurs » de Victor Castanet sur les dérives de certains Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), l’onde de choc ne semble pas près de s’arrêter. Il est vrai que les pratiques dénoncées : manque de soins, sous-nutrition … érigées en règle de fonctionnement par certains Ehpad afin de rogner sur les coûts et d’augmenter ainsi la marge bénéficiaire, ont de quoi révolter.
Face à ce scandale, les particuliers sont concernés à plus d’un titre, d’abord tout un chacun peut devenir en fin de vie dépendant et/ou avoir à gérer la dépendance d’un proche, mais aussi être investisseur en Ehpad ! Les murs de santé et en particulier les Ehpad avaient été présentés ces dernières années comme un investissement très attractif. Les exploitants – comme Orpea ou Korian - ne sont généralement pas propriétaires de leurs murs, ils appartiennent à des investisseurs institutionnels, des gestionnaires de fonds comme des SCPI (société civile de placement en immobilier) ou encore à des particuliers. Ces derniers les louent dans le cadre de baux courant sur des périodes de 9 ou 10 ans à des exploitants et obtiennent en retour des rendements élevés compris entre 4 et 5%, voire parfois au-delà. Autre avantage : l’exploitant gère tous les aspects opérationnels de l’investissement.
Si sur le papier, cet investissement peut sembler parfait, il n’est pas sans de risque. Outre les scandales dénoncés par le livre Les Fossoyeurs, l’exploitant est en position de force vis-à-vis du propriétaire. S’il souhaite revoir à son avantage les conditions de location à l’issue du bail, il est difficile pour le propriétaire de trouver un autre exploitant (il en existe peu en France) ou de transformer un bien qui est par nature monovalent. Si ce risque est moindre dans le cadre d’un véhicule collectif (SCPI, OPCI) car celui-ci est diversifiée (recours à plusieurs exploitants d’Ehpad, investissement sur d’autres murs de santé comme les cliniques…), il ne peut être totalement jugulé.