Jihane BensoudaÉdité le 14 AOÛT 2026

Abattement de l'assurance-vie : tout comprendre

L'abattement de l'assurance-vie est un concept fiscal important à connaître en matière de succession et d'imposition. Il s'agit d'une déduction fiscale appliquée sur la base taxable de votre contrat. Ce mécanisme qui offre des avantages significatifs, s'applique en cas de rachat ou de décès. Voici tout ce que vous devez savoir sur ce concept.

Comprendre le fonctionnement de l'abattement en assurance-vie

L'abattement en assurance-vie s'applique sur les gains issus de votre contrat. Il intervient à deux moments clés : lors d'un rachat (partiel ou total) et lors de la transmission du capital aux bénéficiaires en cas de décès. Selon le contexte, le montant de l'abattement et les conditions d'application varient. Le mécanisme de l'abattement est conçu pour alléger la charge fiscale liée à un contrat d'assurance-vie.

Les principes de base de l'abattement

L'abattement de l'assurance vie repose sur quelques règles simples :

  • il n'est pas automatique : ses conditions dépendent de l'âge du contrat, de son montant global et de la date de versement des primes ;
  • il s'applique à la base imposable : vous n'êtes taxé que sur la part de vos gains qui dépasse le seuil, jamais sur la totalité.

Quel est l'abattement pour une assurance-vie ?

L'abattement en assurance-vie se décline en deux types : l'abattement sur les rachats et l'abattement en cas de succession.

  • Sur un rachat : 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune, à condition que le contrat ait au moins 8 ans. On détaille le calcul juste en dessous.
  • En cas de succession : le montant et les conditions varient selon l'âge du souscripteur au moment des versements et le lien de parenté avec le bénéficiaire.

Fiscalité des retraits après 8 ans : calcul et application de l'abattement

Une fois ce cap franchi, l'abattement s'applique automatiquement sur les gains ou plus-values issus d'un rachat, partiel ou total. Pour en bénéficier, indiquez le montant brut des produits (avant prélèvement) sur la case correspondante de votre déclaration de revenus. Ne sautez pas cette étape, sans quoi l'administration ne peut pas l'appliquer.

Fiscalité et abattement : ce qu'il faut savoir

Impôt sur le revenu : ce qui change selon la date de vos versements

Seules les plus-values de votre contrat sont concernées par l'impôt sur le revenu – jamais le capital que vous avez versé. L'abattement s'applique automatiquement dès que le contrat a franchi ses 8 ans, quelle que soit la date de vos versements.

Ce qui change, en revanche, c'est le taux appliqué avant l'abattement :

  • primes versées avant le 27 septembre 2017 : vos gains relèvent de l'ancien régime, un prélèvement forfaitaire libératoire de 7,5 % après 8 ans, à déclarer en case 2DH de votre déclaration de revenus ;
  • primes versées après le 27 septembre 2017 : le prélèvement forfaitaire unique (PFU) s'applique – 7,5 % si l'encours total de vos contrats reste sous 150 000 €, 12,8 % au-delà pour la part excédentaire – à déclarer dans les cases correspondantes (2VV, 2WW...).

Dans les deux cas, vous gardez la possibilité d'opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu si cela s'avère plus avantageux pour votre situation.

L'abattement en cas de rachat d'un contrat d'assurance-vie

Rachat partiel et abattement

Lors d'un rachat partiel de votre contrat d'assurance vie, l'abattement s'applique sur la part des gains générés par le contrat. 

Si vous effectuez un rachat partiel avant le huitième anniversaire de votre contrat, vous ne bénéficierez pas de cet abattement, ce qui peut rendre l'opération moins intéressante fiscalement. Ainsi, la stratégie de rachat doit être mûrement réfléchie.

A noter : l'abattement ne s'applique pas sur les prélèvements sociaux. Ces derniers sont dus sur l'ensemble des gains, sans tenir compte de l'abattement.

Rachat total et abattement

Lors d'un rachat total, c'est l'ensemble des gains du contrat qui est concerné. L'abattement disponible après le 8e anniversaire du contrat vient réduire ce montant imposable, de la même manière qu'un rachat partiel. Comme pour le rachat partiel, les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur la totalité des gains, sans réduction possible.

Abattement et succession : les règles à connaître

Abattement en cas de versement du souscripteur avant 70 ans

Lorsque les sommes versées par le souscripteur l'ont été avant son 70ème anniversaire, un abattement spécifique s'applique aux bénéficiaires du contrat d'assurance-vie. Cet abattement est de 152 500 € par bénéficiaire, peu importe le nombre de bénéficiaires désignés. C'est une mesure fiscale avantageuse qui permet de transmettre une part importante de son patrimoine sans imposition.

Toutefois, si le montant transmis dépasse cet abattement, l'excédent est soumis à une taxation. Le taux est de 20 % jusqu'à 852 500 € de capital transmis et 31,25 % au-delà.

Abattement en cas de versement du souscripteur après 70 ans

Dans le contexte de versement postérieur au 70ème anniversaire du souscripteur, les primes versées sont soumises aux droits de succession classiques. Un abattement global de 30 500 € est néanmoins appliqué, réparti entre tous les bénéficiaires du contrat. Ce montant est déduit du total des primes versées par le souscripteur après ses 70 ans.

Les intérêts générés par ces primes, en revanche, sont exonérés de droits de succession. Ainsi, seule la partie des primes dépassant l'abattement de 30 500 € est imposable.

Comment déclarer l'abattement sur votre déclaration de revenus ?

Où déclarer l'abattement ?

Pour déclarer l'abattement sur votre assurance-vie, vous devez vous rendre sur votre espace personnel en ligne sur le site impots.gouv.fr.

Si votre contrat d'assurance-vie génère des gains, ceux-ci doivent être indiqués dans la case correspondante de votre déclaration de revenus (2DH, 2VV ou 2WW selon la date de vos versements). Si vous avez opté pour l'imposition à l'impôt sur le revenu, ces gains sont à inscrire sur le formulaire n°2042 de votre déclaration de revenus principale.

En outre, en cas de succession, une déclaration partielle de succession (formulaire 2705-A-SD, cerfa n°12321) doit être déposée auprès du service chargé de l'enregistrement (SDE/SPFE) du domicile du défunt (1). 

Depuis octobre 2025, ce formulaire intègre directement le certificat d'acquittement ou de non-exigibilité de l'impôt, auparavant délivré à part : une fois complété par vous et par l'administration, il suffit de le présenter à l'assureur pour obtenir le déblocage des fonds. 

Si plusieurs contrats d'assurance-vie sont en jeu auprès de compagnies différentes, un formulaire 2705‑A‑SD doit être rempli par assureur. 

Bon à savoir : ce formulaire concerne spécifiquement les primes versées après les 70 ans du souscripteur (fiscalité de l'article 757 B du CGI) (2) . 
Les primes versées avant 70 ans relèvent du régime de l’article 990 I du CGI (3) : l’assureur retient directement le prélèvement fiscal correspondant (après abattement de 152 500 € par bénéficiaire) et le verse au Trésor, sans recourir à ce document.

Pour aider à déclarer l'abattement, votre assureur devrait vous fournir un Imprimé Fiscal Unique (IFU) récapitulant les informations transmises à l'administration fiscale.

Quand déclarer l'abattement ?

La déclaration de l'abattement doit se faire lors de votre déclaration de revenus annuelle. Les dates de cette déclaration peuvent varier en fonction de votre département de résidence (généralement entre avril et juin). 

Si vous effectuez un rachat sur votre contrat d'assurance vie, il faudra déclarer les gains de ce rachat lors de la déclaration de revenus de l'année suivante. Par exemple, pour un rachat effectué en 2026, la déclaration se fera en 2027.

En cas de succession, la déclaration doit être déposée dans les six mois suivant le décès si celui-ci a eu lieu en France métropolitaine. Ce délai est porté à un an dans tous les autres cas, notamment pour un décès survenu à l'étranger ou dans certaines situations en outre-mer (article 641 du Code général des impôts) (4).

Prélèvements sociaux et abattement

En matière de prélèvements sociaux, les gains de votre assurance-vie sont soumis à un prélèvement de 17,2 %, indépendamment de l'abattement. Ce prélèvement est composé de la Contribution Sociale Généralisée (CSG) à 9,2 %, de la Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS) à 0,5 % et du prélèvement de solidarité à 7,5 %.

Bon à savoir : depuis 2026, la CSG est passée à 10,6 % pour d'autres placements comme le PEA, le compte-titres ou le PER. L'assurance-vie, elle, en est explicitement exclue et reste au taux global de 17,2 %.

Ces prélèvements s'appliquent :

Dans certaines situations spécifiques telles que le licenciement, la mise à la retraite anticipée ou la liquidation judiciaire, il est possible d'être exonéré d'impôt sur le revenu sur les gains d'un retrait ou de la clôture de votre assurance-vie. Les prélèvements sociaux, eux, restent dus. Seule l'invalidité de 2e ou 3e catégorie permet une exonération totale, y compris des prélèvements sociaux.

Enfin, pour les unités de compte, vous n'avez pas à vous acquitter des prélèvements sociaux de 17,2 % tant que vous ne retirez pas d'argent sur le contrat.

L'exonération des contrats d'assurance-vie : conditions et modalités

Une exonération totale des droits de succession peut être accordée si le bénéficiaire est le conjoint ou le partenaire de PACS de l'assuré. Cette exonération s'applique également dans certains cas aux frères et sœurs, sous conditions spécifiques (cohabitation d'au moins 5 ans avec le défunt, célibataire, veuf ou divorcé, âgé de plus de 50 ans ou invalide).

Enfin, pour les non-résidents, l'exonération ne vient généralement pas d'une convention fiscale internationale : la plupart des conventions signées par la France en matière de succession ne couvrent pas le prélèvement spécifique de l'assurance-vie, ce qui peut même conduire à une double imposition dans certains pays. L'exonération dépend plutôt d'une règle de droit interne français : le prélèvement ne s'applique pas si ni le souscripteur ni le bénéficiaire n'ont leur domicile fiscal en France au moment du décès. Cette situation reste complexe et mérite l'avis d'un professionnel avant toute décision.

Comment calculer la part imposable d'un rachat

Lors d'un rachat, seuls les gains – pas le capital que vous avez versé – sont soumis à l'impôt. Pour un rachat partiel, cette part imposable se calcule ainsi :

Gain imposable = Montant du rachat – (Total des versements × Montant du rachat / Valeur totale du contrat au moment du rachat)

Exemple : vous avez versé 25 000 € sur votre contrat. Au moment du rachat, il vaut 32 000 €. Vous retirez 5 000 €. Le gain imposable est de : 5 000 – (25 000 × 5 000 / 32 000) = 1 094 €.

Ce montant est ensuite soumis à l'abattement (voir plus haut), puis, selon la date de vos versements, au taux qui s'applique. En cas de rachat total, c'est plus simple : la totalité de la différence entre la valeur du contrat et vos versements constitue le gain imposable.

Foire aux questions

Non, aucun. Le Plan d'Épargne en Actions (PEA) et l'assurance-vie fonctionnent avec des fiscalités totalement indépendantes : l'abattement de l'assurance-vie (4 600 €/9 200 € après 8 ans) ne s'applique jamais au PEA, et inversement. Ce sont deux enveloppes distinctes, que vous pouvez cumuler sans qu'elles interfèrent l'une avec l'autre.

Après 5 ans de détention, le PEA exonère ses plus-values et dividendes d'impôt sur le revenu, mais les prélèvements sociaux restent dus (au taux de 18,6 % depuis 2026, contre 17,2 % pour l'assurance-vie, exclue de cette hausse). Rien n'empêche de combiner les deux : le PEA pour investir en actions européennes avec une fiscalité allégée après 5 ans, l'assurance-vie pour sa souplesse de gestion et sa transmission avantageuse.

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MA

MOTTO André

Bonjour, 1ere question Est ce que l'abattement de 152 500 euros au bénéfice d'une personne est unique Exemple : Au décès d'un père ou d'une mère l'enfant bénéficie d'une assurance vie pour laquelle l'abattement de 152500 euros est applicable Si l'année suivante (ou suivantes) à la suite du décès de l'autre parent ou d'une autre personne que son père ou sa mère l'enfant bénéficie à nouveau d'une autre assurance vie peut'il bénéficier à nouveau d'un abattement de 152 500 euros toujours si toutes les conditions sont réunies Ou bien cet abattement est 'il octroyé qu'une fois seulement ou pas dans la vie d'un bénéficiaire ou bien n'est'il renouvelable qu'au bout d'un certain nombre d'années. A cet égard et pour me faire comprendre, Je pense sur un autre sujet à l'abattement de 100 000 euros qu'un enfant peut bénéficier en matière de succession ou de donation tous les 15 ans Autre question (Sur un rachat partiel ou total d'assurance vie dans un couple marié) l'époux seul est titulaire d'un ou plusieurs assurance vie et demande le rachat partiel ou total de ses contrats. L'autre époux n'a pas de contrat propre ou en a mais ne demande pas de retrait. Quel est au cas d'espèce l'abattement qui s'applique aux gains et plus values, 4600 euros ou 9200 euros Merci beaucoup

L'équipe Linxea

Bonjour et merci pour vos questions. 1) L’abattement de 152 500 € par bénéficiaire (art. 990 I du CGI) : Cet abattement s’applique par bénéficiaire et par assuré décédé. Concrètement, un même bénéficiaire peut cumuler plusieurs fois l’abattement de 152 500 €, dès lors qu’il reçoit des capitaux issus de contrats souscrits par des personnes différentes. Exemple : un enfant perçoit une assurance vie au décès de son père (abattement de 152 500 €), puis plus tard une autre assurance vie au décès de sa mère : il bénéficie à nouveau de 152 500 € d’abattement. Contrairement à l’abattement de 100 000 € en succession (qui se renouvelle tous les 15 ans), l’abattement assurance vie n’est pas limité dans le temps et n’est pas « consommé une fois pour toutes » : il s’applique à chaque transmission, par rapport au souscripteur décédé. 👉 Référence : BOFiP – CGI, art. 990 I 2) L’abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 € (art. 125-0 A du CGI) : Cet abattement concerne la fiscalité des rachats (part intérêts), et non la transmission au décès. Montant : 4 600 € par an pour une personne seule ; 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. Dans votre exemple : Si un seul époux est titulaire d’un contrat et effectue un rachat, c’est l’abattement du foyer fiscal qui s’applique. Donc, s’ils sont mariés/pacsés et imposés ensemble, l’abattement applicable est 9 200 €, même si l’autre conjoint n’a pas de contrat ou ne fait pas de retrait. 👉 Référence : Service-Public.fr – Fiscalité des retraits assurance vie
CB

CLAIRE BOUCHET

Est ce que vous pouvez me dire si l'abattement sur un rachat d'assurance vie sera de 4600 euros ou 9200 euros, l'annéé du décès du conjoint? Mon conjoint a décédé au mois du mars et je souhaite faire un rachat ce mois-ci. Merci d'avance.

L'équipe Linxea

Bonjour, Nous sommes désolés pour votre perte. Concernant votre question sur l’abattement applicable lors d’un rachat d’assurance vie l’année du décès de votre conjoint, le montant dépend de votre situation fiscale au 1er janvier de l’année en cours. Si vous étiez mariés ou pacsés et soumis à une imposition commune au 1er janvier 2025, vous bénéficiez d’un abattement de 9 200 € sur les gains générés par le contrat d’assurance vie lors d’un rachat effectué cette année. Dans le cas contraire, l’abattement est de 4 600 € pour une personne seule. Cette règle est précisée sur le site officiel des impôts : « Les produits des contrats d'assurance-vie d'une durée supérieure à 8 ans sont soumis à l'impôt sur le revenu, après application d’un abattement annuel de 4 600 € (célibataires, veufs ou divorcés) ou de 9 200 € (couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune) quelle que soit la date des versements et quel que soit le régime d'imposition. »
M

Marcus

Erreurs : l'abattement de 4600 s'applique uniquement aux primes versées jusqu'au 26 septembre 2017

L'équipe Linxea

Bonjour, Il y a une confusion fréquente sur ce point, donc petit rappel utile : L’abattement annuel de 4 600 € (ou 9 200 € pour un couple) s’applique aux produits (intérêts, plus-values) issus des rachats sur un contrat d’assurance vie de plus de 8 ans, quelle que soit la date de versement des primes. Ce n’est pas réservé aux primes versées avant le 27 septembre 2017. En revanche, la date du 27 septembre 2017 est importante pour un autre sujet : elle détermine le régime fiscal applicable aux produits en cas de rachat. Pour les primes versées avant le 27 septembre 2017 : Les produits sont soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu, ou sur option, à l’ancien PFL (prélèvement forfaitaire libératoire) selon l’ancienneté du contrat. Pour les primes versées après cette date : Le contribuable peut choisir entre le barème progressif ou le nouveau PFU (flat tax) à 30 % (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux). En espérant que cela clarifie les choses 😊
V

VERGNES

Très clair.