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Apercevrons-nous bientôt un peu de ciel bleu ?

Évolution future des marchés financiers

En début d’année, il est coutume de formuler des vœux. Celui que nous énonçons pour les marchés financiers est de « rattraper » la mauvaise année 2018.

Au final, l’indice des grandes valeurs françaises, le CAC 40 a chuté de près de 11 % en 2018, ce qui mesure une baisse forte, mais moins importante qu’en 2011 (-16,95 %). Plusieurs bourses européennes ont aussi mal vécu l’année passée. Le beau temps pourrait-il revenir en 2019 ?

2018 n’a pas été favorable aux Bourses européennes

La Bourse de Paris a été baissière ainsi que de nombreuses bourses européennes. L’année dernière a d’ailleurs été mauvaise pour la plupart des marchés, y compris américains. En effet, si l’on regarde l’évolution de l’indice US SP 500, du Dow Jones et celle de l’indice américain Nasdaq, leurs courbes sont baissières sur un an.

D’une manière générale, les baisses des marchés ont été importantes alors que les indices économiques laissaient plutôt entrevoir le contraire. De fait, le bulletin de la Banque de France STAT INFO, paru le 18 décembre 2018, constatait la forte diminution de la performance moyenne des fonds actions : -7,2 % en octobre.

L’arrêt du QE ne devrait pas avoir de conséquences importantes

« L’arrêt des achats nets d’actifs ne met pas fin au quantitative easing (QE) ». Tel est le titre d’un article publié par la Banque de France « Bloc-notes Eco ». Cet article est consultable à l’adresse suivante :

https://blocnotesdeleco.banque-france.fr/billet-de-blog/larret-des-achats-nets-dactifs-ne-met-pas-fin-au-quantitative-easing

« Le Conseil des gouverneurs de la BCE a confirmé lors de sa réunion du 13 décembre 2018 l’arrêt, à la fin de l’année, des achats nets d’actifs, débutés à la fin 2014. L’assouplissement quantitatif se poursuit cependant : il dépend principalement, non des flux d’achats, mais du stock d’actifs détenu par l’Eurosystème. Ce dernier restera inchangé tant que se poursuivra le réinvestissement des tombées de titres arrivant à maturité. »

Rappelons que cette décision était déjà anticipée par les marchés. Il reste à voir ce que donneront les décisions suivantes qui seront prises en 2019, notamment les décisions de hausses de taux lesquelles pourraient entraîner des diminutions des marchés d’actions.

Faire preuve de sélectivité dans un marché volatil

C’est le conseil de BFT Investment Managers qui continue ainsi : « A l’issue d’une année 2018 inattendue, la quasi-totalité des grandes classes d’actifs vont clôturer dans le rouge. Malgré une indispensable prudence pour l’année 2019, les opportunités se font plus nombreuses sur les marchés et méritent d’être saisies avec sélectivité. »

Pour BFT Investment Managers, Stratégie d’investissement publiée le 19 décembre 2018 les sources de rendements peuvent être les obligations et les actions.

Du côté des obligations : Avec des spreads qui ont fortement augmenté en 2018, les marchés du crédit euro « investment grade » et « high yield » pourront constituer des stratégies de rendement. Il est important d’observer que sur le crédit européen, les spreads sont d’ores et déjà remontés à leurs niveaux antérieurs au plan d’achat d’obligations du secteur privé de la BCE. L’arrêt du « quantitative easing » (« QE ») européen devrait donc avoir peu d’impact sur ce segment de marché en 2019.

Aux États-Unis, en revanche, les spreads ont moins remonté et les fondamentaux des entreprises paraissent moins solides (plus d’endettement) qu’en zone euro. Nous serons donc prudents.

Des opportunités de rendement se trouvent également sur la dette émergente, mais la sélectivité doit rester primordiale sur ce segment de marché. La fin du cycle de resserrement monétaire américain rendra les pays émergents moins vulnérables, mais nombre d’incertitudes demeurent : politiques en Amérique Latine (Brésil, Mexique, Argentine) et géopolitiques en Asie avec l’impact de la guerre commerciale. Il faudra donc être encore une fois sélectif.

Sur les marchés actions : la sélectivité et la réactivité de la gestion resteront également primordiales dans un contexte de marché qui restera inévitablement volatil en début d’année. Cet environnement nous conduit à débuter l’année avec prudence, et un budget de risque de l’ordre de 50 % de notre budget global. Cette volatilité devrait néanmoins être synonyme d’opportunités et de points d’entrée tactiques. En effet, nous pensons au sein de BFT IM, que les bénéfices resteront en croissance en 2019, avec toutefois des révisions à la baisse depuis les niveaux actuels proches de 10 %. La fin de cycle est certes synonyme de performances moins élevées en 2019, mais suite à la forte correction des valorisations et dans un contexte macro-économique qui restera porteur (avec des niveaux de croissance supérieures au potentiel), les marchés actions devraient constituer une source de performance au cours de l’année à venir. (BFT Investment Managers, Stratégie d’investissement publiée le 19 décembre 2018).

Les risques de turbulences impliquent une approche prudente

Dans ses « Perspectives 2019 », Groupama rappelle que « La détérioration du couple rendement-risque des actifs justifie une approche d’investissement hautement sélective »

« Enfin, les perspectives des marchés actions sont toujours positives, la conjoncture s’inscrivant en soutien de la croissance bénéficiaire des entreprises, en témoigne la solidité des résultats publiés au troisième trimestre. « Nous anticipons une croissance bénéficiaire de 5 à 10 % en 2019 pour les entreprises des pays développés ». A l’image du crédit, les valorisations des actifs boursiers ont déjà intégré une montée des risques, ce qui a pesé sur les multiples de valorisation cette année. « Les niveaux de valorisation reviennent peu à peu vers leur médiane de long terme, proche de 13 fois les bénéfices en Europe, 15 fois aux États-Unis, des niveaux intéressants » observe Gaëlle Malléjac, directrice des investissements. « Nous envisageons cependant une surpondération modérée des actions dans nos portefeuilles, dans la mesure où le regain de volatilité devrait affecter le profil rendement-risque des titres » (Groupama, stratégie d’investissement, 4 décembre 2018).

Pour sa part Gaspal Gestion se montre prudent. Dans ses « Perspectives 2019, la société de gestion remarque qu’« À l’approche de l’année 2019, la prudence s’impose dans un contexte très volatil. Les stratégies défensives sont à privilégier. Les incertitudes se sont principalement cristallisées ces derniers mois autour du tassement de la croissance mondiale sur front de tension commerciale entre les États- Unis et la Chine ».

Actions : privilégier les titres européens défensifs

C’est le conseil de Gaspal gestion (Perspectives 2019 publiées le 17 décembre 2018). « En Europe, les indicateurs avancés continuent de baisser tout en restant en zone d’expansion. L’Allemagne en particulier, qui avait tiré croissance depuis plusieurs années, montre des signes de faiblesses liées à la dégradation du secteur automobile, cette industrie étant confrontée à la montée du protectionnisme et à une transformation technologique ». (Gaspal Gestion).

Les marchés font preuve d’un excès de pessimisme peu justifié

Eric Turjeman, Directeur des Gestions Actions et Convertibles chez OFI AM estime que les marchés sont injustement sous-estimés :

« Les investisseurs anticipent une récession. Certes, les facteurs de risques ne manquent pas mais ne justifient pas pour autant cet excès de défiance. Fortement pénalisées, certaines valeurs cycliques redeviennent de réelles opportunités d’investissement. …/…Pour autant, l’arrivée d’une récession aux États-Unis et en Europe nous apparaît comme un scénario peu probable au regard des indicateurs macroéconomiques disponibles…/… Quels sont justement les principaux risques qui inquiètent tant les investisseurs ? Nous en dénombrons quatre : la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, le Brexit, la situation de l’Italie et enfin le risque de remontée des taux mais qui ne surviendra que si les trois autres risques ont disparu et avec eux, le risque de récession. » (OFI AM, publié le 20 décembre 2018).

N’enterrez pas les grandes valeurs européennes

« L’intensité concurrentielle et un environnement économique plus difficile renforcent la discrimination entre les valeurs. Les valeurs européennes qui disposent d’un réel savoir-faire et de barrières à l’entrée conséquentes offrent des perspectives alléchantes.

Des bonnes surprises en cascade lors de la publication des derniers résultats trimestriels ! Elles concernent exclusivement les sociétés européennes à forte visibilité. Pourtant, les menaces s’accumulent au-dessus de l’Europe (Brexit, budget italien, conséquences de la guerre économique sino-américaine etc.). Mais les valeurs qui ont eu la capacité d’ériger des barrières à l’entrée significatives ont pu réviser en hausse les résultats de l’année en cours et parfois ceux des exercices à venir. Certaines disposent d’un carnet de commandes qui court jusqu’en 2025 comme… ASML. De même, SAFRAN, EUROFINS, SIXT, PERNOD, STRAUMANN, THALES, VARTA font fi de cet environnement menaçant et affichent une solidité et des perspectives enviables ». (Amplegest, lettre n° 47, publiée le 6 décembre 2018)

2019 sera l’année de la gestion active

Stefan Scheurer Director, Global Capital Markets & Thematic Research Allianz Global Investors le rappelle dans une revue des marchés de décembre 2018. Selon lui, l’allocation tactique « actions et obligations » recommandée doit répondre aux caractéristiques suivantes :

  • Caractérisée par une remontée progressive de l’inflation et par une croissance un peu plus lente mais néanmoins solide, située légèrement au-dessus de son potentiel, la phase de fin de cycle de l’économie mondiale se prolonge pour le moment. Mais les risques de retournement à la baisse ont toutefois augmenté ces derniers mois.
  • La normalisation se poursuit au niveau des principales banques centrales. Il faudra par conséquent s’attendre, dans les deux ans qui viennent, à davantage de hausses de taux d’intérêt de la part de la Fed que ce qui est actuellement intégré par les marchés financiers.
  • Quelques avancées politiques sont certes intervenues récemment en ce qui concerne le Brexit, ou l’attitude plus conciliante de l’Italie dans son conflit avec l’UE en matière budgétaire. Pour autant, les risques géopolitiques demeurent inchangés. Le conflit commercial entre les États-Unis et la Chine pourrait en particulier accroître les risques de détérioration de la conjoncture économique mondiale.
  • Les tendances initiées en 2018 en matière de ralentissement de la croissance, de remontée de l’inflation et de resserrement des politiques monétaires devraient se prolonger et se renforcer en 2019. La volatilité devrait par conséquent rester orientée à la hausse sur les marchés financiers internationaux.
  • La gestion active est essentielle ! Les risques s’accompagnent toujours d’opportunités – tant au sein d’une même classe d’actifs qu’entre les différentes classes d’actifs.

Devise favorite : le dollar !

« La croissance économique globale désynchronisée, combinée à la montée de l’instabilité politique au niveau régional et mondial, devrait continuer à alimenter la volatilité sur les marchés des devises et la vigueur du dollar dans le sillage de 2018. En 2019, le dollar devrait profiter d’une stabilisation de la croissance économique et de l’écartement des différentiels de taux d’intérêt entre les États-Unis et ses principaux partenaires commerciaux. » (Perspectives d’investissement 2019 : Point de vue de Norman Villamin, Chief Investment Officer Private Banking à l’UBP, publié le 20 décembre 2018)

Il y a fort à parier que l’année 2019 ne se montrera pas aussi dramatique que semble le prédire certains titres abusant du terme « récession ». Aux (bas) niveaux où sont les marchés ils ne devraient que remonter. Certes, en 2019, les marchés pourraient présenter un contexte parfois difficile. C’est la raison pour laquelle il est impératif de construire un portefeuille suffisamment varié pour pouvoir profiter à la fois des (possibles) hausses des actions et des rendements des meilleurs fonds obligataires. Des investissements mesurés et programmés devraient répondre aux aléas des marchés. A défaut, il faut s’en remettre à la gestion pilotée.

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