LINXEA dans la presse
Rendement des assurances vie : du simple au quintuple !

18/12/2018

Opération vérité sur l ’assurance vie. Pour la deuxième année consécutive, l ’association de consommateurs CLCV (Consommation, logement et cadre de vie) s ’est plongée dans les rendements réels du produit d ’épargne préféré des Français. Intitulée "L ’univers opaque de l ’assurance", cette enquête, que nous dévoilons en exclusivité, fait le point sur les fonds en euros de plus de 207 contrats, équivalant à 600Mds€ d ’encours. "En moyenne, le rendement de notre panel s ’établit à 1.90% en 2017, contre 2.04% en 2016. Soit un recul de 0.14 points".




  • Pourquoi ça baisse ? Pour bien comprendre, il faut tout d ’abord savoir comment sont établis les taux de rendement de votre assurance vie. L ’assureur place sur les marchés de l ’agent que vous lui confiez. Dans le cas des fonds en euros, il achètera essentiellement des titres financiers réputés sécurisés comme des obligations d ’Etat ou d ’entreprises. C ’est grâce aux revenus tirés de ces placements (intérêts et plus-values) qu ’il pourra vous verser, à son tour, une rémunération. Problème : les taux d’intérêt étant bas, ces placements sont, tendanciellement, de moins en moins rentables. Les assureurs ont donc de moins en moins d ’argent à redistribuer et les rendements baissent.
  • Comment expliquer que tous les contrats ne se valent pas ? Les écarts de rendements entre contrats peuvent aller du simple au quintuple. Ainsi, Cap ’Etudes distribués à la Maif caracolent en tête du classement avec 3.5% de rendement quand plusieurs contrats des Caisses d ’épargne tels que Nuances 2 ou Ecureuil Projet ferment la marche avec leur petit 0.75%. Pis, vous pouvez voir de gros écarts de rendements chez un même assureur. C ’est lui, en effet, qui détermine à qui il distribue les bénéfices engagés.  "C ’est un peu comme s ’il disposait d ’un gros gâteau et qu ’i le répartissait ensuite un peu comme bon lui semble sur chacun de ses différents contrats", explique François Carlier, délégué général de la CLCV.
  • Les vieux contrats sont, en moyenne, moins performants. En assurance vie, la fidélité ne paie pas. Deux types de contrats existent : ceux ouverts à la souscription, c ’est-à-dire commercialisés par des assureurs ou des banquiers. Et les autres, non proposés aux nouveaux clients, mais dont de nombreux épargnants profitent toujours. "La moyenne des fonds ouverts à la souscription s ’établit à 1.96% contrez 1.79% pour les contrats fermés à la souscription", signalent les auteurs de l ’étude. Pourquoi une telle différence ? "Cela reflète un choix commercial. Les assureurs donnent plus de rendements aux contrats encore ouverts à la souscription car il cherchent à présenter sous le meilleur jour leurs produits", tacle François Carlier, de la CLCV. Quitte à nuire au portefeuille de leurs clients de longue date...
  • Les assureurs se battent les banquiers. "C ’est un fait : les taux servis par les banquiers sont moins bons que ceux des assureurs", souligne François Carlier. Concrètement, là où les assureurs et mutuelles ont offert 2.13% de rendement à leurs clients, les bancassureurs n ’ont proposé "que" 1.39%. Pourquoi ?  "L ’assurance est vendue dans de mauvaises conditions, poursuit François Carlier. Le samedi matin, à l ’agence bancaire, on vous dit "Mettez votre argent sur une assurance vie, c ’est défiscalisé, et l ’épargnant ne prend pas le temps de comparer. Le conseil central est donc comparez avant de signer !"