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« Pas vendu, pas perdu » : une fausse bonne idée ?

Investissement boursier

Qui est Tonton Jépargne ? Un ancien banquier, un baroudeur, un acteur de cinéma ? Nul ne le sait vraiment. Une chose est sûre : dans la famille Jépargne, tout le monde se tourne vers lui pour les questions d’argent. Et tous les mois, il nous révèle sa correspondance.

Hello Tonton,

Ça roule ? Dis-moi, les marchés ont bien monté, je me demande si ça serait pas l’occasion de prendre les gains. Après tout, le dicton dit « Pas vendu pas gagné », non ? 

Jérémie

La réponse de Tonton Jépargne : Faut-il prendre ses gains ?

Non, non et non ! Mais en même temps, oui, oui et oui !

Rassure-toi, je n’ai pas encore perdu la tête : laisse moi t’expliquer.

Trois fois non !

Commençons par les trois raisons de ne pas vendre.

  • Raison #1 : « Prendre ses gains pour ne pas les reperdre » est une logique de casino. Au casino il faut s’empresser de récupérer ses gains car l’espérance de gain est négative : à long terme on finit ruiné car statistiquement, plus on joue, plus on perd. Mais nous ne sommes pas à Las Vegas, nom d’une pipe !

Les placements d’épargne sont totalement différents : ils sont investis dans des entreprises (ou de l’immobilier, ou des obligations…), qui, prises dans leur ensemble et dans la durée, sont rentables. Le temps joue pour toi.

Prendre régulièrement des gains, c’est traiter son épargne comme une mise à récupérer dès que possible. Les implications psychologiques ne sont pas neutres : à force, cela empêche de penser à long terme et crée de mauvais réflexes… or on s’enrichit sur la durée, pas en faisant des coups !

  • Raison #2  : Si les marchés continuent de monter, que feras-tu mon brave Jérémie ? Tu attendras sur le quai alors que le train est déjà parti ? Tu t’obligeras à regarder tous les jours pour retrouver un point d’entrée ?

Je ne dis pas que cela ne sera pas fructueux – je n’en sais bigrement rien.

Mais faire des aller-retours fréquents, c’est aussi prendre un risque… Et (crois-en mes cheveux blancs), c’est loin d’être de tout repos. Mieux vaut éviter de casser la mécanique des intérêts composés et rester investi tout le temps. Oui, tout le temps y compris pendant les périodes difficiles.

  • Raison #3 : Même s’il existait une boule de cristal parfaite, l’écouter ne serait pas forcément une bonne idée : il faut tenir compte des horizons de temps. Si tu as un horizon supérieur à la prédiction, ne rien faire est une solution tout aussi valable. Laisse passer les petites vaguelettes à court terme, concentre-toi sur l’horizon long. Il y a des loisirs plus intéressants que de passer des ordres… surtout quand il fait beau dehors.

C’est pourquoi je n’aime pas les gourous. Ils se trompent une fois sur deux et n’annoncent jamais d’horizon de temps : à quoi bon ?

Tout ceci plaide pour « ne rien faire »…

Cependant, c’est parfois une bonne idée de prendre ses gains. C’est le cas si…

  • Cas #1 : si la hausses de marchés a déséquilibré la répartition de ton épargne. Par exemple, les valeurs technologiques ont réalisé une très forte performance depuis le début de l’année. Si tu avais un tracker ou un fonds spécialisé, il prend désormais une place bien supérieure à celle initiale. il peut être sain de rééquilibrer ton allocation d’actifs afin d’éviter une trop grande concentration.

Évidemment, ce secteur peut encore progresser. Mais arbitrer est ici une mesure de réduction du risque, pas une anticipation tactique.

  • Cas #2 : si les fortes turbulences du printemps t’ont empêché de dormir. Dans ce cas c’est un bon moment pour réfléchir à une allocation d’actif plus conservatrice (réduire la part d’actions, augmenter la part sécurisée).

Pour atteindre la nouvelle allocation, deux moyens : par les nouveaux versements sur des supports peu risqués (qui dilueront progressivement la part risquée), ou par des arbitrages pour un effet immédiat. Cela revient à « prendre des gains », mais ce n’est pas leur but premier.

  • Cas #3 : vendre et récupérer son argent est toujours pertinent si c’est pour le dépenser ! Acheter une voiture, partir en vacances, investir dans un projet personnel… c’est alors une bonne idée de sécuriser l’épargne lorsqu’un retrait se rapproche. C’est le but de l’épargne après tout : réaliser des projets de vie !

Tu remarqueras que dans ces trois cas, « prendre ses gains » n’est jamais le but premier. C’est toujours la conséquence d’une autre action.

Alors, prendre ses gains ou pas ?

Avec 3 oui et 3 non, je sens venir la remarque sur la Normandie.

En réalité, il n’y a pas de réponse absolue. Tout dépend de tes motivations.

Les motivations externes (anticipations de marché, montant de la plus-value…) sont plutôt des mauvaises raisons de vendre, tandis que les motivations internes (rééquilibrer le risque, profiter de l’argent) sont plutôt des bonnes raisons.

Alors cherche ton “pourquoi” et pars de là : c’est mon meilleur conseil !

Bien à toi,

Tonton Jépargne

PS : ne rien faire est parfois la meilleure des choses… mais ne le répète pas à ton employeur, il prendrait cela pour une provocation 🙂

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