La saison fiscale est lancée, et avec elle son lot de questions : comment déclarer un rachat d’assurance-vie ? Vos revenus de SCPI en direct ? Vos versements sur un PER ? Quelles cases remplir, quels pièges éviter, quelles nouveautés 2026 prendre en compte ?
Linxea vous guide, case par case, pour une déclaration sans faute.
💡Rachats d’assurance-vie : bien déclarer vos retraits
Avant tout, bonne nouvelle : si vous n’avez fait aucun rachat en 2025, vous n’avez rien à déclarer concernant vos contrats d’assurance-vie. Tant que vous ne retirez pas d’argent, les gains capitalisés ne sont pas imposés à l’IR (mais ils subissent quand même les prélèvements sociaux de 17,2% le moment venu).
En revanche, en cas de rachat (partiel ou total) en 2025, il faut déclarer la part d’intérêts dans les sommes retirées. Rassurez-vous, votre assureur vous envoie normalement un IFU (Imprimé Fiscal Unique) récapitulant les montants à reporter et ces montants sont préremplis sur votre déclaration. Vérifiez bien ces cases et corrigez si besoin, surtout si vous avez plusieurs contrats.
Rappel fiscalité de l’assurance vie : les produits de vos contrats d’assurance-vie sont imposés seulement lors des retraits. Deux cas se présentent suivant l’ancienneté du contrat :
Contrats de moins de 8 ans
Les gains retirés sont imposables sans abattement. Ils sont en principe soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 12,8% (+17,2% sociaux) dès le retrait. Sur la déclaration, ces intérêts apparaissent en revenus mobiliers imposables sans abattement (case 2TS normalement).
Vous avez toutefois la possibilité d’opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu en cochant la case 2OP (option globale pour soumettre les revenus du capital au barème) – une option à envisager si votre tranche d’imposition est inférieure à 12,8%.
Dans ce cas, les gains seront taxés au taux de votre tranche et le PFU déjà prélevé servira de crédit d’impôt restituable.
Contrats de 8 ans et plus
Vous bénéficiez d’un abattement annuel de 4 600 € sur les intérêts (9 200 € pour un couple soumis à imposition commune). Concrètement, les premiers 4 600/9 200 € d’intérêts retirés dans l’année ne sont pas taxés. Les intérêts au-delà de cet abattement sont imposés soit au PFU (7,5% au lieu de 12,8% si primes ≤ 150 000 €) soit, sur option, au barème.
Sur la déclaration, deux cases importantes : les intérêts de contrats de plus de 8 ans figurent en revenus ouvrant droit à abattement (case 2CH ou 2DH suivant le type de prélèvement), et les éventuels prélèvements forfaitaires déjà effectués apparaissent case 2CK (crédit d’impôt). Ici encore, la case 2OP peut être cochée pour tout intégrer au barème si c’est plus favorable.
En résumé : assurez-vous que tous vos gains d’assurance-vie retirés en 2025 sont bien déclarés dans les cases 2TS/2CH (selon l’âge du contrat), après abattement le cas échéant, et que les prélèvements non libératoires sont reportés en 2CK pour éviter une double imposition. Un chouïa technique mais facile. Ouf 😅!
🏢 Revenus des SCPI en direct : dans quelles cases les déclarer
Vous détenez des parts de SCPI en direct (hors assurance-vie et PER) ? Les revenus des SCPI sont assimilés à des revenus fonciers (locations non meublées) et doivent être déclarés chaque année. Deux régimes fiscaux possibles.
Micro-foncier
Si le total de vos revenus fonciers bruts (SCPI + autres loyers éventuels) ne dépasse pas 15 000 € et que vous possédez au moins un bien immobilier loué nu en direct, alors le régime micro-foncier s’applique de plein droit. Vous bénéficiez d’un abattement forfaitaire de 30% sur ces revenus.
Concrètement, il vous suffit de reporter le montant brut de vos revenus fonciers dans la case 4BE de la déclaration principale (formulaire 2042) – l’abattement de 30% sera calculé automatiquement.
A noter : si vous ne détenez que des parts de SCPI sans aucun bien immobilier locatif en direct, vous ne remplissez pas la condition du micro-foncier. Dans ce cas, pas le choix, vous relevez du régime réel.
Régime réel
Au-delà de 15 000 € de loyers bruts, ou si vous choisissez explicitement le réel (ou y êtes contraint parce que uniquement des SCPI), vous devez déclarer le détail des revenus et charges. Cela se passe via le formulaire Annexe n°2044.
Votre société de gestion de SCPI vous aura envoyé un relevé fiscal détaillé indiquant le revenu brut, les charges, etc., à reporter. Après avoir rempli la 2044 (ou 2044 spéciale selon les cas particuliers), vous reportez le résultat net foncier dans la déclaration principale.
Les cases principales à renseigner : 4BA pour le total de vos revenus fonciers imposables (nettes après charges), et si vos SCPI ont investi à l’étranger, la part de revenus étrangers à crédit d’impôt ira en 4BL (et case 8TK plus loin, pour générer le crédit d’impôt égal à l’impôt français).
Par exemple, si une SCPI vous verse des revenus d’immeubles en Allemagne, ceux-ci seront imposés en France mais ouvrent droit à un crédit d’impôt équivalent, pour éviter la double imposition (vérifiez bien le report en 4BL/8TK le cas échéant).
Enfin, les revenus fonciers, qu’ils soient au micro ou au réel, supportent également les 17,2% de prélèvements sociaux (CSG/CRDS).
Astuce Linxea : Le régime micro-foncier est simple et avantageux (30% d’abattement) si vos charges réelles sont faibles. Toutefois, n’oubliez pas qu’il n’est accessible que si vous détenez un bien locatif en direct (par ex. un studio que vous louez) en plus de vos SCPI. Beaucoup d’épargnants qui n’ont que des SCPI passent d’office au régime réel, certes plus complexe, mais permettant de déduire les charges effectives (frais de gestion de la SCPI, intérêts d’emprunt si vous avez financé vos parts à crédit, etc.).
Dans tous les cas, utilisez bien le relevé fiscal de la SCPI : il vous indique exactement où inscrire chaque montant. Au moindre doute, reportez-vous à la notice 2044 des impôts ou aux ressources officielles indiquées en fin d’article.
💸 Versements sur un PER : profitez de la déduction
Le Plan Épargne Retraite (PER) a le vent en poupe, et pour cause : il permet de préparer vos vieux jours tout en réduisant vos impôts. Si vous avez effectué des versements volontaires sur un PER en 2025, vous pouvez les déduire de votre revenu imposable (dans la limite d’un plafond calculé en fonction de vos revenus). Attention, cette déduction n’est pas automatique : il faut bien penser à déclarer vos versements dans la bonne rubrique pour en bénéficier.
Sur la déclaration de revenus, rendez-vous à la section « Charges déductibles – épargne retraite ». C’est ici que vous inscrirez le total de vos versements 2025 sur PER. Les cases prévues sont : 6NS (versements du déclarant 1), 6NT (déclarant 2, si déclaration commune) et 6NU (versements pour le conjoint éventuel ou autres, le cas échéant). En général, l’organisme gestionnaire du PER a dû vous envoyer un IFU indiquant ce montant déductible. Vérifiez bien que tout y est.
Gardez en tête que les versements sont déductibles dans la limite d’un plafond. Ce plafond annuel personnalisé figure sur votre avis d’impôt 2025 (revenus 2024) et est rappelé dans la déclaration (cases 6PS pour vous, 6PT pour votre conjoint).
Le plafond de déduction correspond à 10% de vos revenus pro (N-1) avec des planchers/plafonds, éventuellement cumulable avec le plafond non utilisé des 3 années précédentes. Bonne nouvelle, si vous n’avez pas utilisé tout votre plafond précédemment, la partie inutilisée se reporte automatiquement et majore votre plafond actuel. Et si vous êtes en couple, vous avez la possibilité de mutualiser vos deux plafonds en cochant la case 6QR– pratique si l’un d’entre vous n’a pas cotisé mais veut faire profiter l’autre de son plafond inutilisé.
Un cas à part : les indépendants avec un PER Madelin (ou PER TNS)
Si vous êtes travailleur indépendant (professions libérales, commerçant, artisan…), vous avez peut-être souscrit un PER dans le cadre de votre activité professionnelle. On parle alors de PER Madelin ou PER TNS : c’est un PER individuel, mais qui remplace l’ancien contrat Madelin retraite.
Dans ce cas, attention : les cotisations que vous versez sont déjà déduites directement dans votre déclaration professionnelle (formulaire 2031 ou 2035).
👉 Il ne faut donc pas les reporter dans les cases 6NS/6NT/6NU de la déclaration d’impôt sur le revenu, sinon vous les déduiriez deux fois.
Ce que vous devez faire : Indiquez simplement vos versements à titre informatif en case 6OS (déclarant 1) ou 6OT (déclarant 2). Cela n’impacte pas votre impôt cette année, mais permet à l’administration de suivre vos droits à déduction retraite.
🧍♀️ Pour les autres épargnants (salariés, retraités, etc.), le PER est plus simple : les versements déductibles sont à déclarer en 6NS/6NT/6NU, et seront directement retranchés du revenu imposable.
🌸 Zoom sur les nouveautés fiscales du printemps 2026
Chaque année, la déclaration évolue un peu. Et 2026 ne fait pas exception. Voici les nouveautés à connaître pour vos revenus 2025, celles qui peuvent concrètement vous impacter.
Barème de l’impôt 2026 : tranches et calcul de votre impôt sur le revenu
Les tranches d’imposition ont été revalorisées de +0,9% pour tenir compte de l’inflation.
Le barème applicable aux revenus 2025 est donc le suivant :
- 0% jusqu’à 11 600 €
- 11% de 11 601 € à 29 579 €
- 30% de 29 580 € à 84 577 €
- 41% de 84 578 € à 181 917 €
- 45% au-delà
Une sécurité renforcée pour accéder à votre déclaration
C’est LA nouveauté visible cette année : la double authentification devient obligatoire pour accéder à votre espace sur impots.gouv.fr.
- vous entrez votre identifiant + mot de passe
- puis vous recevez un code de validation (6 chiffres) par email
Un petit pas de plus à chaque connexion… mais un grand pas pour sécuriser vos données fiscales.
Crédit d’impôt à domicile : une info en plus à renseigner
Si vous bénéficiez du crédit d’impôt pour emploi à domicile (ménage, garde d’enfant, etc.), une nouvelle précision est demandée cette année.
Vous devez indiquer :
- si vous passez par un prestataire
- une association
- ou un salarié employé directement
Le montant du crédit ne change pas (toujours 50%), mais oublier cette info peut bloquer sa validation.
Calendrier déclaratif : notez bien les dates limites des impôts 2026 !
Pour les aficionados du papier (formulaire postal), la deadline est fixée au mardi 19 mai 2026 (cachet de La Poste faisant foi). Pour les déclarations en ligne (via impots.gouv.fr), c’est échelonné par département de résidence :
- Dépts 1 à 19 : jusqu’au jeudi 21 mai 2026 à 23h59
- Dépts 20 à 54 : jusqu’au jeudi 28 mai 2026 à 23h59
- Dépts 55 à 974/976 (y compris Outre-mer) : jeudi 4 juin 2026 à 23h59.
Ne vous faites pas avoir par le décalage des zones ! Chaque année, des retardataires se font piéger.
Apprentis, stagiaires, étudiants : des exonérations à ne pas oublier
Les revenus ne sont pas toujours imposables :
- Apprentis / stagiaires : exonérés jusqu’à 21 622 €
- Jobs étudiants (-26 ans) : exonérés jusqu’à 5 405 €
Au-delà, seule la part excédentaire est imposée. En ligne, pensez à déclarer le montant total et à cocher la case correspondante (apprenti, stagiaire ou étudiant).
Louer une partie de sa résidence principale : parfois non imposable
Bonne surprise pour certains propriétaires :
Les loyers perçus peuvent être totalement exonérés si :
- la pièce louée est la résidence principale du locataire
- et le loyer reste sous un plafond (213 €/m² en Île-de-France, 157 € ailleurs)
Dans ce cas, rien à déclarer.
Location meublée : des règles à surveiller
Jusqu’ici, les amortissements permettaient de réduire l’impôt pendant la phase de détention… sans impact à la revente.
Ce n’est plus le cas : depuis 2025, ils sont réintégrés dans le calcul de la plus-value, ce qui peut augmenter la fiscalité lors de la revente.
Comptes à l’étranger : une déclaration simplifiée
La déclaration des comptes étrangers (formulaire 3916) est désormais :
- accessible directement depuis la déclaration principale
- pré-cochée automatiquement si déjà déclarée l’an dernier
Et elle est même possible via l’application mobile.
Déclaration : les 5 réflexes à avoir avant de valider
Avant de cliquer sur “valider”, prenez 2 minutes pour éviter les erreurs les plus fréquentes :
✔️ Vérifiez votre déclaration préremplie
Comparez avec vos IFU, relevés et justificatifs. Une erreur est vite arrivée.
✔️ PFU ou barème : avez-vous fait le bon choix ?
La case 2OP peut réduire votre impôt… ou l’augmenter. Un test rapide avec le simulateur suffit à trancher.
✔️ N’oubliez pas vos crédits d’impôt
Dons, emploi à domicile, garde d’enfants… certains montants ne sont pas toujours préremplis.
✔️ Surveillez les cases clés
- 2CK : acomptes déjà prélevés
- 8TK : revenus étrangers (pour éviter la double imposition via crédit d’impôt).
- 6QR : mutualisation du plafond PER
✔️ Vérifiez les annexes nécessaires
2044 (revenus fonciers), 3916 (comptes à l’étranger), 2042-C…
Bonjour
il serait bon d actualisé vos informatons
Bonjour,
Merci pour votre vigilance.
Les informations présentées dans cet article sont bien à jour au regard des règles fiscales applicables à la déclaration 2025 (revenus 2024).
La fiscalité restant un sujet technique, avec des situations particulières et des exceptions selon les cas, l’objectif de cet article est de proposer une lecture pédagogique des grands principes, sans prétendre couvrir l’ensemble des cas individuels.
Comme chaque année, un nouvel article sera publié lors de la prochaine campagne déclarative, au printemps 2026, afin d’intégrer les éventuelles évolutions applicables aux revenus 2025.
Bien à vous,